VIE SAUVAGE: Un retour aux sources ! – le Film

4min
VIE-SAUVAGE.jpg

Cédric Kahn est un cinéaste Français, connu notamment pour avoir réalisé Une vie meilleure avec Guillaume Canet, ou encore Les regrets, L’avion…. Ici, il nous offre un film adapté du livre Hors-Système écrit par la famille Frotin, soit la famille d’où sont nés les véritables faits. La campagne publicitaire de Vie Sauvage s’appuie d’ailleurs sur la présence des Fortin aux avants-premières.

Synopsys et analyse

Vie Sauvage relate l’histoire vraie d’un père de famille, brillamment interprété par Mathieu Kassovitz, qui suite à une dispute amoureuse récupère de force ses deux fils, alors sous la garde de leur mère. Le père et les deux enfants vont vivres dans la nature, coupés du monde et de la civilisation. La mère, aidée par la police, va alors se mettre à la recherche de ses enfants. Recherches qui dureront près de dix années…

C’est en révolté de notre système que s’inscrit le père de famille. Sous des airs de marginal aux cheveux longs, il se bat pour sa liberté et ses droits, en essayant de proposer à ses fils, autre chose que ce que le système nous impose. Soit une vie de liberté qui n’est pas régie par la sur-consommation. Le tout, sous des doctrines Indiennes : « Dans la nature tout est rond et harmonieux, c’est l’homme blanc qui a inventé le carré ».

Une très belle scène arrive en début de film :

Les enfants prisonniers dans un pavillon de banlieue sinistre, veulent s’échapper. C’est dans une volonté de réalisme que s’inscrit cette scène, tout comme le reste du film qui se penche d’abord sur les sentiments de ses acteurs plutôt que sur la recherche de l’esthétique.

C’est dans des campements de fortune que le trio va survivre, d’abord sous une toile tendue entre deux arbres puis dans une petite ferme… Pour peu à peu s’installer plus durablement. C’est lorsque les deux garçons vont atteindre leurs seize et dix sept ans, avec l’envie de vivre leur propre vie, celle d’adolescents en mal d’amour et de stabilité, que le rêve familial va vite s’essouffler pour vivre dans la peur de la police et leurs recherches ininterrompues depuis dix ans.

Liberté ?

C’est justement ici que le film prend toute son ampleur, quand un père enlève ses enfants à leur mère pour les mener vers la « liberté »… Mais la notion de liberté du père se heurte à l’âge des enfants, âgés de sept et huit ans. En effet, ils leur aient impossible de choisir entre leur mère ou leur père. D’ailleurs lorsque les deux enfants deviendront adolescents, ils se plaindront du choix de vie imposée par leur père, pourtant en quête de leurs émancipations.

Les deux acteurs interprétant les personnages des deux fils (de 8 et 9 ans) sont loin des enfants acteurs trop démonstratifs; ils jouent justes, interprétant à merveille les victimes d’un choix de vie qui leurs échappent. Le père, en quête d’une vie meilleure, est brillamment joué par Mathieu Kassovitz, rôle sûrement nourrit par la tension qui régnait sur le tournage… (En effet l’acteur et le réalisateur ne se sont plus adressé la parole depuis la fin du tournage…)

Conclusion

Trop peu de films ne s’attardent que sur le rendu de l’image et mettent de côté scénario et la direction d’acteur. C’est un retour aux vraies valeurs que nous propose Cédric Kahn, loin des films à très gros budgets et à l’unique esthétique qui s’en suit, tout comme le sujet de son film.

Un beau film, nourrit par un scénario bien rythmé et sur les fonds d’une histoire vraie, qui s’en ressent.

Ma note personnelle : 8 sur 10

La bande annonce ici