True Detective : Saison 2 Episode 5 Analyse Complète

7min

Le calme après la tempête, ou presque

Après un épisode quatre dont la conclusion était des plus chaotiques, la question était de savoir ce qui allait découler de tout ce sang versé à Vinci. Deux mois après les événements, c’est finalement une affaire bouclée et trois détectives aux fortunes diverses que l’on retrouve, tiraillé entre le sentiment de mission inachevée et leurs problèmes personnels.

Un retour vers un bon rythme !

On a bizarrement repris le rythme de True Detective, après des débuts jugés laborieux par les critiques et les fans, on sent que cette saison deux dans son entièreté prend une très bonne forme, un courant de personnages perdus qui tentent de se retrouver eux-même au travers d’une enquête embourbée par une lutte de pouvoirs internes.

On se retrouve donc deux mois après avec un Ray Velcoro sans moustache et désormais agent de sécurité pour ce cher Frank Semyon. Une relation qui se tend de plus en plus alors que Frank est soumis par sa femme à un choix entre le status quo de ses affaires illégales qui amènerait son départ ou une reprise en main, que ce soit pauvre ou riche, elle restera uniquement si Frank décide de ne plus tremper dans ses affaires-là.

Cette relation qui s’était détériorée au fil des épisodes atteint un petit climax lorsque Jordan lui annonce son incapacité à tomber enceinte et que le couple aura à passer par l’adoption, solution que Frank désapprouve avant de finalement céder. Ce petit conflit conjugal mène surtout – et c’est plus intéressant pour l’intrigue – Semyon a recevoir une proposition : la récupération des terres promises contre un disque dur ayant appartenu à Ben Caspere. On sent la difficulté qu’aura Semyon, mais ce n’est pas son problème le plus grave.

Révélation surprise

Son problème a un nom, Velcoro, qui apprend par le biais de l’assistance du procureur Katherine Davis (Jouée par Michael Hyatt, la policière de Nightcrawler) que le violeur de sa femme est non seulement en vie mais qu’il vient d’être arrêté, ce qui surprend Ray, lui qui avait « vengé » sa femme tuant probablement la personne que lui avait désigné Frank Semyon comme montré lors du premier épisode. Tout cela énerve passablement Ray, qui comprend mieux pourquoi sa femme était énervé lors de leur confrontation pour la garde de leur fils – bien que la paternité soit remise en question.

Perdu et trahi, c’est un Ray pas très content qui ira voir le psychiatre Irving Pitlor, mais surtout qui ira frappé à la porte de la nouvelle maison de Semyon, laissant l’épisode se conclure sur un très classique mais assez jouissif : « You and me need to talk » ce qui nous réserve dans le cas présent, une bonne séquence pour l’épisode six.

Pourquoi cette révélation de Davis à Velcoro? Parce que l’assistante du procureur a vu son collègue partir en campagne pour le poste de gouverneur et qu’elle n’a pas trop aimé ça, de plus, avec l’arrestation du violeur de sa femme, les soupçons qu’elle avait sur le détective s’envole. Elle décide alors de contacter Velcoro, Bezzerides et Woodrugh pour les envoyer dans une sorte de mission secrète pour boucler cette affaire et délier toutes les manigances internes.

Des pistes de plus en plus claires

Les Chessani sont directement visés par les soupçons, d’autant plus que Woodrugh va découvrir que Teague Dixon cachait plusieurs détails de l’enquête, mais celui-ci ayant été tué lors de la fusillade, il n’y a pas vraiment grand chose à en tirer. Les pistes sont désormais plus claires et on sent que finalement, pour la première fois dans la série, l’enquête avance dans le bon sens.

Cela est aussi permis par la volonté de chacun de reprendre l’affaire après le traumatisme en commun vécu à Vinci. Woodrugh, qui est toujours en lutte contre son homosexualité – et qui refuse encore de l’accepter en emménageant avec sa fiancée et la mère de celle-ci – va avoir besoin du job de détective puisque sa mère lui a volé de l’argent ramené d’Afghanistan. Quant à Bezzerides, la plainte pour harcèlement la mène dans les archives et également à manipuler le cercle dont elle fait partie en provoquant les hommes présents. Elle et Velcoro ont stoppé l’alcool, mais ce n’est qu’un point de détail même si le scénario semble vouloir nous forcer un rapprochement entre ces deux-là.

Woodrugh et Bezzerides sont menés vers une piste dans l’ancien village de Ani, où ils retrouvent une maison abandonnée où aurait atterri la fille disparue sur laquelle Bezzerides mène l’enquête. Mais les vautours rôdent, et lorsque Bezzerides décide de les suivre, c’est une cabane de torture que l’on retrouve, lieu probable des crimes de notre homme à tête de corbeau. Cette maison abandonnée avait un grand air de Twin Peaks, et la ville semble elle aussi assez étrange, très liée à la religion d’une manière pas forcément très lucide.

Notre avis sur cet épisode

Globalement, si l’épisode cinq est plus calme que son prédécesseur, c’est un peu le calme après la tempête et précédant la suivante qui risque d’être elle bien plus dramatique pour cet ensemble de personnages qui fonctionnent enfin ensemble. C’est un peu ça cette saison de True Detective : un ensemble très varié de personnages perdus qui se retrouvent sur un chemin, certes, mais un chemin qu’ils ne souhaitent pas nécessairement prendre. En même temps que le côté film policier noir s’intensifie, on sent que l’on retrouve le côté un peu désorientant de la première saison, et c’est très grisant.

On est également très amoureux de l’envoutement créé par Lera Lynn, qui pose sa voix sur au moins une scène de chaque épisode depuis le début de la saison, et qui a interprétée cette semaine « The Only Thing Worth Fighting For« , la fameuse musique du teaser que tout le monde voyait à la place de Nevermind de Leonard Cohen en tant que musique d’intro – qui a d’ailleurs subi une légère modification sur le montage, à voir si c’est réellement significatif par rapport à la série.

Pour la première fois en cinq semaines, la seule idée que l’on a en tête est « pourquoi dimanche n’est pas déjà demain? » et ça fait plaisir de retrouver ce sentiment pour cette série, qui prend certainement son rythme de croisière pour les trois derniers épisodes.