True Detective Saison 2 Episode 3 Analyse Complète

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Le sort de Velcoro, les colères de Semyon et Woodrugh

Après deux épisodes assez lents et concentrés sur l’introduction de la situation entre une police et une ville de Vinci corrompues et un ensemble d’enquêteurs très fragiles autour de l’affaire Ben Caspere, le mystère s’épaissit au fur et à mesure que les masques de certains personnages tombent. On a même le droit à une séquence proche de l’hommage à Twin Peaks, et c’est ce qu’on aime, enfin presque. Retour sur le troisième épisode de la seconde saison de True Detective.

Petit clin d’oeil

Et on peut dire que tout ceci ne peut décemment pas se terminer bien. Tout monte d’un ton entre affaires personnelles et l’enquête. Mais avant tout cela, ce début d’épisode se fait un petit trip largement inspiré à la série culte de David Lynch et Mark Frost. En tout cas, s’il est involontaire, ce clin d’œil reste existant, tant ce petit morceau d’un sosie de Elvis Presley qui reprend du Bonny Tyler – The Rose pour les curieux – paraît irréel, une séquence rêvée par Velcoro qui parle à son père, ancien flic, dont il semble idéaliser le passé d’un policier émérite.

Mais Ray se réveille et est assez loin d’être mort, l’assassin probable de Caspere ayant utilisé des balles anti-émeutes, laissant quelques côtés cassées à notre policier corrompu. Bezzerides ne tarde pas à passer la soufflante à Ray pour ne pas l’avoir prévenu de sa piste, ce que Ray dévie assez bien. La relation de travail entre les deux est au cœur de l’épisode d’ailleurs, Bezzerides ayant à chercher une preuve de la corruption de Velcoro en parallèle de l’enquête.

C’est d’ailleurs là que la vie privée interrompt la vie professionnelle de Velcoro, lorsque son ex-femme tente de le convaincre d’abandonner les droits de son enfant en échange d’argent, évidemment, ça ne passe pas bien. On sent d’ailleurs que Velcoro s’essaye à la rédemption, tout en gardant un côté très nerveux, d’autant plus après avoir été victime de cette attaque.

On sent tout de même que cette enquête tourne au ralenti, entre les mensonges des uns et la volonté pas forcément très affichée de résoudre l’enquête des autres. Ces autres, c’est la police elle-même, puisque la procureur semble plutôt vouloir la peau de Vinci en inculpant Velcoro plutôt que de retrouver l’assassin, attisant même un quelconque girl power chez Bezzerides, un peu maladroit.

De son côté, le maire de Vinci, qui a reçu une visite de Bezzerides et Woodrugh en son absence, veut la peau de Ani, évidemment. Car on peut dire que la ville de Vinci est dirigée par le vice, avec des mœurs assez légères. On reste donc encore dans un combat politique, laissant l’enquête au second plan à nouveau. L’occasion du coup de jeter un œil du côté de Woodrugh et Semyon, qui se croisent dans un club, l’un cherchant des informations, l’autre à reprendre le contrôle.

Woodrugh qui vit un sale moment, entre le fait que sa petite amie le largue et que son pote militaire vienne lui rappeler des souvenirs de l’armée. Le sous-entendu semble présent, Woodrugh a sûrement des relations avec son camarade de l’armée Miguel, ce qu’il refuse d’entendre. L’homosexualité refoulée d’un personnage serait un terrain glissant à prendre dans True Detective, dans le sens où ce n’est pas forcément le propos essentiel de la série et que huit épisodes sont sûrement insuffisant pour donner le développement nécessaire, mais c’est intéressant pour épaissir le personnage de Paul, un peu en retrait.

Semyon fait quant à lui ressurgir les démons du passé. Sa pauvreté relative et récente le rend assez exécrable auprès de sa femme mais surtout c’est son désir de reprendre ce qui lui semble acquis qui va le faire extérioriser une violence que l’on pressentait. Aussi, le meurtre d’un de ses acolytes le rend suspicieux sur ses propres alliés, d’autant plus que le meurtre paraît similaire à celui de Caspere, faisant de Frank Semyon une cible potentielle. Une correction et un arrachage de dents en or plus tard, le message semble clair auprès de ses anciens collaborateurs qu’il souhaite récuprer, Frank est pas content.

Un silence long et pesant plus tard, on voit Frank virer dans l’ombre à une vitesse vertigineuse, c’est le chemin probablement inverse de celui de Velcoro, une espèce de chemins croisés s’entame entre les Ray et Frank, étroitement lié par cette collaboration entretenue pendant des années.

L’analyse

Mais fuyez l’enquête, c’est elle qui vous rattrape avec une course-poursuite entre l’assassin – sans la tête de corbeau cette fois, probablement peu pratique pour courir – et le duo Bezzerides / Velcoro. Celle-ci se termine lorsque Bezzerides manque de se faire écraser mais que Velcoro la sauve, celui-ci en profitant pour demander ce que l’on sait sur lui, question que Bezzerides esquive comme pour montrer qu’elle n’a pas encore fait son choix sur la manière dont elle doit agir avec Velcoro.

Le soucis étant globalement que même si tout cela est intéressant, c’est très difficile à ne pas trouver l’ensemble trop lent. Le fait que l’assassin joue avec la police montre bien l’inefficacité de celle-ci et cela se ressent aussi dans le manque de rythme des épisodes. Le problème principal étant qu’il reste cinq épisodes, et qu’il va falloir rapidement faire grimper tout ça. Quand on pense que l’année dernière, True Detective construisait déjà un hypothétique climax dans l’épisode trois, on s’avoue un peu déçu de ce début de saison qui peine à retrouver le charme de la série.

Des bonnes idées mais peu de concrétisations, c’est un mélange de bons sentiments qui ne prend pas pour le moment. Et c’est dommage, on aenvie de s’attacher à cette saison, qui a une mise en scène équilibrée mais qui manque cruellement d’intensité. Un peu d’audace dans la suite de l’histoire ne ferait pas de mal.

Allez, cette fois on y va.