True Detective: analyse avant la la fin de la saison 2

7min

True Detective : L’intrigue revient de vacances

La semaine dernière, True Detective nous laissait avec de la déception mais un espoir d’avancée concrète dans l’enquête sous couverture qu’effectue nos trois policiers. Il fallait absolument réussir à donner dans cet épisode un début de résolution avant l’épisode final. Et dans une saison qui ressemble de plus en plus à des montagnes russes, il semble que l’on ait atteint un sommet qui n’a pas encore été atteint.

Alors que True Detective essuie les railleries et les critiques acerbes des fans de la première saison, nous sommes déjà à une semaine du final. Et enfin les grandes mesures semblent vouloir être prises par les trois enquêteurs qui veulent passer à l’offensive avec Davis. On trouve enfin l’organisme autour de toutes ces manigances, Catalast, qui semble avoir Osip Agranov en leader apparent.

Le contexte

Une confrontation de plus en plus apparente et déclarée avec d’un côté Semyon qui commence à plus chercher une vengeance que son argent. Cela passe d’abord par son ex-associé Blake qui a comploté contre lui et a délibérément tué Stan en essayant de rapprocher l’assassinat de celui de Caspere. Il en subit d’ailleurs les frais d’un Frank assez énervé. Frank Semyon dont les nerfs sont à vif. On le voit briser une table après son entrevue avec Velcoro où il sait définitivement que Osip est derrière sa chute, mais aussi lorsqu’il commence à tuer de sang-froid et à brûler ses anciennes places comme le Casino et le club, rachetés par Osip.

Une déclaration de guerre qui est aboutie, bien pensée et on avoue que celui qui attirait le plus d’inquiétudes autour de ses capacité – c’est-à-dire Vince Vaughn – se retrouve comme étant la bonne surprise de la série, malgré quelques phrases bidons mais qu’il n’est pas le seul à déclarer, c’est le personnage le plus juste car il justifie chacun de ses mouvements tant stratégiquement que émotionnellement, sans découverte de background de dernière minute. Son seul défaut se trouverait dans son incapacité à voir qu’on le piège.

Les autres tombent eux aussi assez facilement dans des traquenards et c’est assez désespérant parfois. Woodrugh a le droit à une séquence de chantage qui va mener à une scène finale sur laquelle on reviendra pendant que Bezzerides découvre que la fille qu’elle a sauvé ne le souhaitait pas forcément alors que Velcoro voit que lorsqu’il veut transmettre ses infos à Davis, cette dernière s’est faite tuée avant même d’avoir entendu le moindre mot. Piégés, on sent pendant tout l’épisode un certain désespoir chez chacun, protégeant ce qui peut être protégé.

Cela amène au rapprochement le plus forcé de l’histoire des rapprochements entre Bezzerides et Velcoro. Dans une scène d’une maladresse absolue, où les deux jouent à celui qui sera le plus maudit et mauvais, c’est finalement le grand saut pour les deux détectives. On l’avait vu un peu venir depuis l’épisode cinq, mais on avoue qu’on aurait souhaité que cette idée disparaisse assez rapidement. En tout cas, c’est un duo qui va se retrouver bien seul, et autant qu’il se rapproche autant que possible finalement, non?

Bien seul oui car ce chantage que subit Woodrugh va tourner au carnage. C’est Catalyst et Teague Dixon qui le surveillait, depuis que Woodrugh semblait réussir à rapprocher les manigances de chacun en les rapprochant à un vol caractérisé et à des affaires d’escroquerie. C’est d’ailleurs celui du trio qui aura fait le plus de boulot parmi les trois en réussissant à lier beaucoup de personnes ensemble, finissant dans un raid solitaire où il arrive à éliminer les premiers membres de la police de Vinci mais pas le lieutenant Kevin Burris qui abat dans le dos Paul Woodrugh.

Et là on peut tiquer sur l’utilisation de l’homosexualité de Woodrugh comme d’un appât à sa mort finale. On lui souligne bien le fait que tout cela n’arriverait pas s’il assumait son homosexualité plutôt que de la cacher à sa fiancée enceinte, mais il préfère braver le piège dont il sort mais finalement pas vraiment puisqu’il était attendu à la sortie. Du coup, on a l’impression que cette homosexualité n’était qu’un prétexte pour l’isoler des autres, un peu décevant. Exit donc le personnage plus discret certes mais pas le moins efficace. Il aura été au fond sur un plan personnel pendant à peu près toute la série, et on avoue que sa fin ne soulève pas de grandes plaintes.

C’est d’ailleurs un des gros soucis de la saison en général, on ne se soucie pas assez du sort des personnages qui sont finalement assez antipathiques par leur manque de contraste, ce nihilisme ambiant se traduit par un mépris du téléspectateur pour le destin de chacun. C’est mal dosé, maladroit et ce qui fait que malgré l’avancée de l’intrigue, on reste sur notre faim assez facilement.

L’épisode se conclut d’ailleurs sur cette mort du personnage de Paul Woodrugh alors que s’entame un affrontement plus direct entre Catalast et les personnages principaux de la série, pour un final qui verra sûrement le corbeau réapparaître pour peut-être finalement montrer ses intentions, qui risquent d’être assez terre-à-terre, loin du trip fantastique de la première saison. Si ce n’est pas le cas, on pourra dire que le scénario aura échoué dans beaucoup de domaines.

La semaine prochaine, on verra donc si ce final est comme le président de HBO l’annonce, c’est-à-dire « très satisfaisant » ou si l’intrigue qui a repris ses droits ce dimanche ne se retrouve finalement pas bafouée une dernière fois sur l’autel de la vie personnelle de Velcoro, Bezzerides ou Semyon. On ne peut qu’être satisfait de la remontée de cet épisode, mais reste qu’à un épisode de la fin, on éprouve toujours pas le sentiment que tout ça était d’une justesse folle, au mieux un thriller avec quelques idées.

Il va falloir qu’en une heure et demie, True Detective conclut une intrigue épaisse, embourbée dans des intrigues secondaires peu intéressantes mais qui peuvent nécessiter une conclusion pour la logique de chaque personnage. Bref, beaucoup de risques pour apparemment peu de récompenses. Encore un épisode à braver, après, il sera temps de faire un bilan définitif.