The grand Budapest Hotel : Un nouveau triomphe esthétique

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Wes Anderson nous expose The grand Budapest Hotel, film aussi loufoque par son humour décalé que performant par sa technique. Le réalisateur de Moonrise Kindgom nous offre des prouesses artistiques splendides !

Le chef d’oeuvre se dévoile avec une narration semblable à des poupées russes s’imbriquant, s’emboîtant dans cette grande histoire, reliant les personnages du grand Hotel entre eux. Hôtel complètement transformé en maquette de maison de poupée-assumé- lors d’une merveilleuse ouverture.

 

 

Pour différencier chaque époque, le cinéaste a choisi la diffusion sous trois formats : Pour les années 80,nous avons un aspect letterbox en 16/9 , image en plein écran pour les années 60 et une image carrée pour les années 30,format 1.37, l’idéal qui met en valeur personnages et décors intérieurs que nous sommes obligés de remarquer.

Trois voix-off se passent le relais,avec des flashbacks pour passer ainsi de la fin du XXe siècle au début des années 1930 qui est la trame principale du film, le cœur d’une intrigue amené avec délicatesse et finesse.

L’histoire elle se déroule dans le palace d’une ville ( imaginaire ) de la république de Zubrowka, en Europe centrale. L’Histoire en question est celle de Zéro Moustafa, parti de rien, lobby boy du Grand B.H et de comment il en est arrivé à l’acquisition de la bâtisse .

Alors que les prémices de la Seconde Guerre mondiale se font retentir, M.Gustave (concierge clé de l’établissement) et son lobby boy se retrouvent impliqués dans une histoire d’héritage familial autour d un tableau volé . Inspiré par les oeuvres de Stefan Zweig , Anderson nous plonge dans un univers parallèle entre poésie et surréalisme .

Le casting choisi est riche et imposant ce qui laisse des rôles variés et multiples à Tony Revolori (Zéro) avec son air naïf mais touchant, Tilda Swinton en comtesse extravagante méconnaissable ( à l’affiche de Only Lovers left alive, et plus connue dans la méchante sorcière de Narnia) ou encore les Français Matthieu Amalric et Léa Seydoux. Le rôle le plus jeune étant confié à l’Irlandaise Sagirse Ronan (Agatha).

Ainsi une aventure qui grimpe en crescendo, pour terminer en explosion. La dimension artistique de Wes Anderson nous cerne entièrement. Dès la première séquence du film nous atterrissons face à la prestance de l’écrivain. L’usage du regard porté par la caméra, accompagné de travellings latéraux et travellings avant amenant une certaine émotion sont typique de la technique de Wes Anderson. Sa patte imprimant tout le film.

La comédie noire portée par Ralph Fiennes (Vu dans Skyfall ou encore Voldemort dans Harry Potter ) nous subjugue par son jeu d’acteur burlesque avec son personnage de Dandy.

On se demande si l’auteur ne veut pas rendre hommage à Kubrick avec un monde enchantant, plusieurs références tels que les couleurs de la tapisserie nous rappellent les murs dans Shining ou  cette course poursuite sur la glace à travers les pistes des jeux d’hiver résonance à ce fameux et mythique labyrinthe de Kubrick

 

Des décors magnifiés pour lesquels on souhaiterait faire régulièrement des arrêts sur image afin de les contempler, cette rapidité dans le montage nous laissant sur notre faim. Le rythme est si accéléré que nous avons pas le temps de bien observé chaque détail, chaque couleur , chaque expression (etc) des plans qui prouvent cette forte minutie dans le travail de la mise en scène et de la technique. Une maîtrise visuelle incroyable avec toujours le même effort pour faire de chaque plan un tableau, presque au style de Barry Lyndon et de ses personnages cadrés comme des œuvres picturales, encore chez Kubrick .

Wes Anderson propose avec son film graphique et romantique éclairé par le jeu de Ralph Fiennes une leçon d’esthétique par son style. Son obsession du détail atteint aujourd’hui son paroxysme dans The Grand Budapest Hotel. Même les plus réticents peuvent venir réserver leur chambre pour cette aventure !

 

Ma note personnelle: 8,5/10

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