Terminator Genisys : Turn It On Again – Critique

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Vous l’attendiez (peut-être), vous le redoutiez (sûrement), et pourtant le voilà, brillant comme un T-1000 en pleine transformation, le cinquième opus de la série, « Terminator Genisys », est sorti cette semaine dans l’hexagone ! Mis en scène par Alan Taylor (à qui l’on doit « Thor : Le monde des Ténèbres » – 2013), on y retrouve bien sûr Arnold Schwarzenegger, mais aussi Jason Clarke, Emilia Clarke, Jai Courtney, J. K. Simmons, et Lee Byung-hun, pour un opus qui, quel que soit votre rapport à la saga, ne vous laissera pas indifférent…

Synopsys

Allez, on commence par l’histoire, avec l’espoir de ne pas trop vous spoiler… En 2029, la guerre contre Skynet fait rage, mais est en passe d’être gagnée par les humains. John Connor sait pourtant que s’il est vivant, c’est grâce à l’envoi de Kyle Reese dans le passé pour sauver Sarah Connor, sa mère, d’un Terminator lui aussi venu du futur (et devenir son père par la même occasion, le coquin). De ce fait, il connaît donc l’existence d’une machine à remonter le temps sponsorisée Skynet, et tente de la détruire en même temps que le cœur de la cité des machines… Mais échoue (mince alors.). John envoie donc (encore) son fidèle bras droit (et papounet) Kyle Reese, qu’il charge de protéger sa môman (et « boucler ainsi sa boucle temporelle »). LE PROBLEME, c’est que ce John Connor a déjà été influencé (dans son propre passé) par le futur, et donc que les machines du futur aussi (c’est le célèbre « effet papillon »). Kyle Reese et le Terminator à nouveau envoyé dans le passé vont donc se heurter à une « nouvelle année 1984 », qui n’est pas DU TOUT celle à laquelle ils s’attendaient ( et c’est tant mieux parce que sinon, on aurait, nous, simplement revu « Terminator 1 »…)…

Le scénario est trop dans la science-fiction ?

Vous ne comprenez rien ? C’est à peu près normal, et c’est encore pire à la fin du film qui, comme 95% des films de SF abordant le thème du voyage dans le temps, pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses, et se plante complètement dans le traitement de son sujet. PIRE, non seulement il se perd en incohérences totales, mais en plus il ne tente même pas d’apporter des réponses logiques, et, quand on demande au gentil Terminator « mais, heu, pourquoi t’es DEJA là, en fait ?! », celui-ci se contente de répondre que ses fichiers ont été effacé et qu’il ne sait pas. Et Kyle Reese de répondre : « Ah oui, c’est bien pratique hein ? » Comprendre : « nous les scénaristes, on avait trop la flemme de réfléchir à notre scénario illogique, alors bah du coup, c’est comme ça et puis c’est tout (de toutes façons vous avez déjà payé votre place de cinéma, alors chut). » Nan mais sérieusement, non seulement ils font super mal leur boulot, mais en plus, ils savent très bien que ça ne sera pas satisfaisant, et ils essayent de la jouer mystérieux en anticipant nos propres réactions (et nos propre réflexions) ?! Franchement, c’est du même niveau que la télé-réalité là !

Notre analyse

L’ensemble du film est donc truffé de personnages n’étant pas censés être là, effectuant des actions qu’ils ne sont surtout pas censés faire (genre tuer des gens dont ils besoin pour naître plus tard, au hasard), ou déclamant des trucs absurdes qu’ils ne sont pas censés dire (et vice-versaaa… ♫♪♫). Mais bon, on s’en fout, hein, vu qu’il y aura un sixième et un septième film, on fait genre que tout sera expliqué dans le prochain, etc. Pfff. En fait le rendu scénaristique est tellement mauvais que le Conseil des Hautes Instances d’au-bout-du-film.fr organisera bientôt un entretien Skype avec les scénaristes Laeta Kalogridis et Patrick Lussier, auquel vous êtes tous conviés pour les insulter joyeusement (tant pis pour Laeta si elle a travaillé sur « Shutter Island », ça n’excuse pas tout, non mais).

Un film qui n’a rien en commun avec les anciens

BREF, si on passe sur un scénar complètement foutu en l’air par ses maladresses (jamais je n’oublierai Schwarzy et sa réplique « certains événements VEULENT arriver » pour expliquer un autre bordel de plus dans l’espace-temps… Passons.), et qu’on s’intéresse un peu à la technique du film, rappelons pour commencer qu’il succède à « Terminator Renaissance » (réalisé par McG, et datant déjà de l’année 2009 !), et que les deux équipes des films (incluant les acteurs) n’ont absolument rien à voir. On est bien sûr habitué depuis le début de la saga à ne pas croiser les mêmes réal ou acteurs (à l’exception d’Arnold), et ce film ne fait pas exception à la règle, y compris au niveau du crew. Pas grand-chose de plus à dire à ce niveau-là, c’est un blockbuster d’une finition assez classique, pas moche, mais presque barbante tant on en voit aujourd’hui, avec cependant un petit intérêt, celui de proposer trois époques différentes dans le film : 2029, 1984, et 2017 (bah oui, hein, fallait bien le rendre un peu contemporain), ce qui se ressent bien sûr visuellement. Mouais, allez.

Le jeux des acteurs

Les acteurs font leur boulot de leur côté. Bien sûr, on est toujours ravi de voir Arnold dans l’un de ses plus grands rôles (surtout son combat contre lui-même en 1984, l’un des moins mauvais moments du film – on en dira pas plus), et les apparitions de Lee Byung-hun (qui reprend le rôle de T-1000) sont glaçantes… Après, les autres sont assez moyens, voire peu crédibles… On déplore surtout un JK Simmons sous-exploité scénaristiquement (alors que son personnage était très intéressant), et bien loin de l’intensité de son rôle de professeur diaboliquement génial dans le fabuleux « Whiplash » de ce début d’année…

Bande son

Niveau musique, vous aurez le droit au fameux thème de la saga… Genre, à peu près au moment du générique. Sinon, ne rêvez pas trop, pour la puissance des séquences d’actions et de love, on fait appel à l’Ecossais Lorne Balfe, qui en rajoute partout au lieu de se tenir à carreau et de respecter le thème original, inventé par Brad Fiedel… Dommage, car c’est un des élèves de Hans Zimmer, et qu’il a l’air d’être parti pour durer…

La note du film

Bon, on termine sur du positif en se disant que les quarante-cinq premières minutes du film (celles qui se passent dans le nouveau 1984) ne sont pas totalement dénuées d’intérêt, voire même, si l’on oublie ce placement de produit monstrueusement dégueulasse pour Nike, qu’elles comportent certaines séquences présentant des qualités… Mais c’est pas de chance, hein, le film dure un peu plus de deux heures.

Sur ce, I’ll be back. (Pour la critique d’un autre film #überbadass : « Les Minions – Le Film ».)

Ma note personnelle : 3/10

Vous pouvez retrouver la bande annonce de terminator Genesys ICI