Ted 2 : MacFarlane rate encore son coup

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Comme le veut la tendance des comédies actuelles, Ted 2 est bourré de caméos. Le film a débuté depuis une petite dizaine de minutes et Liam Neeson fait son apparition dans le supermarché où travail notre « héros » éponyme, achetant discrètement un carton de céréales pour enfant, soucieux de savoir s’il a bien le droit d’effectuer cet achat sans passer pour un pervers. La blague : Liam Neeson est un type intense, n’a pas d’humour et ne comprend pas le second degré. Pourquoi pas mais le problème vient du fait que Ricky Gervais avait déjà fait exactement la même blague, avec le même guest star, 4 ans auparavant dans la génialissime série, Life’s too short. Dommage Seth.

À la tête du Box Office Mondial

Durant l’été 2012, un film médiocre, d’un humoriste médiocre se hisse en tête du Box Office mondial, et devient un succès planétaire avec presque 550 millions de dollars de recettes à travers le monde. En suivant, on proposa à Seth MacFarlane de présenter les oscars (confirmant si besoin est la nullité et l’inutilité de cette institution) ainsi que la possibilité de réaliser un western comique, Albert à l’Ouest qui heureusement fut détruit par la critique et ignoré par les spectateurs du monde entier. Evidemment nous avons eu droit à une suite des aventures du vulgaire petit ourson et le semi-échec de Ted 2 aux Etats-Unis peut nous faire présager un futur où on cessera de confier des décisions créatives au créateur de certains des plus mauvaises séries animées de la télévision moderne.

Analyse du film

Ted 2 est (légèrement) plus mauvais que son prédécesseur. Ce n’est pas le nanar de l’année malheureusement, loin de là, le film se contente simplement d’être excessivement plat et sans intérêt, comme s’il avait été écrit par un scénariste sans talent sous l’emprise de la fumette qui ne comprenait pas lui même le minuscule intérêt de son premier film. Ted était avant tout l’histoire de Mark Wahlberg, un « man-child » très limité intellectuellement dont Ted, son ourson en peluche toxicomane, représentait son refus de grandir. Certes, la métaphore n’est pas des plus complexes mais elle permettait d’aborder, d’une manière un peu plus absurde, un sujet très « Apatowien », à savoir cette transition dans la vie d’un homme lorsqu’il doit abandonner sa vie de « stoner » attardée et se conformer aux besoins de la société et plus spécifiquement celles de sa femme/copine. Ceci dit, le film était tout de même raté par l’incompétence récurrente de MacFarlane, proposant une ribambelle de gags ratés.

Trop centré sur ted

Exit donc Mila Kunis et place à Amanda Seyfried, la fille trop cool qui fera craquer Wahlberg, mais tout ceci est assez inconséquent car le metteur en scène commet une grave erreur : celle de faire passer le personnage de Wahlberg au second plan et de se concentrer sur le celui de Ted. Le véritable succès du premier opus provenait indubitablement du grand Marky-Mark et de son personnage de douchebag au cœur d’or, et il est encore une fois la bouée qui permet de maintenir le navire à flot. Il devient très claire en regardant les deux films pourquoi Mark Wahlberg est une star de cinéma (même si ce n’est pas un acteur extraordinaire), il exsude charme et charisme même en présence d’un ours en image de synthèse. Que décide donc de faire MacFarlane ? De l’exclure du film et de se concentrer sur son propre personnage, un être (où un objet, voilà tout l’enjeu du film) pour qui il n’est pas aisé de trouver de la sympathie. Ecrire un personnage principal vulgaire et antipathique est un exercice particulièrement difficile, visiblement impossible pour le metteur en scène en film.

Conclusion

Dans cet océan de médiocrité, sauvons tout de même quelques éléments de la noyade. Mark Wahlberg est très bon, comme nous l’avons établit précédemment, mais sous utilisé et reconnaissons au film et à son réalisateur l’envie de tacler un sujet épineux : ce qui définit un être humain. En effet, la bataille de Ted pour faire reconnaître ces droits civiques en tant que personne faisant ainsi écho des combats menés par différentes minorités au cours de l’histoire américaine a au moins le mérite d’être ambitieuse dans une comédie estivale mainstream. Pour l’exécution en revanche on repassera.

Ma note personelle : 4/10