Sonata Arctica – Pariah’s Child

7min

Je t’ai épargné la semaine dernière, ami lecteur, mais cette semaine tu n’y couperas pas ! Tu auras à nouveau droit à du Metal ! Mais soit sans crainte, comme la première fois, tu ne te feras pas manger par des démons ! Il y a même de fortes chances que tu aimes la musique que tu découvriras sur cette page ! Car je vais aujourd’hui te parler d’un cador du Metal mélodique, un des groupes les plus faciles d’accès pour le grand public, j’ai nommé les finnois de Sonata Arctica !

Fondé en 1996 sous le nom de Tricky Beans et renommé en 1998 sous son nom actuel, le groupe a sorti huits albums, et son style a connu, au grand dam des fans de la première heure (dont je fais malheureusement parti) une évolution importante, passant d’un speed Metal mélodique mêlant à la perfection parties guitares efficaces et acérées et lignes de chant et de clavier ultra-mélodiques ; alternant morceaux très Metals (Blank File) et ballades splendides (Shy) sur ses quatre premiers albums, portés par un duo composé du guitariste virtuose Jani Liimatainen et de l’excellent chanteur Tony Kakko, à un Metal progressif beaucoup trop compliqué et technique pour être à la hauteur, hormis peut-être une petite dizaine de morceaux, sur les trois suivants. En particulier, Stone Grows her Name, sorti en 2012, avait été pour moi une catastrophe artistique, sur lequel le groupe semblait avoir tout perdu de ce qui faisait son charme sur tous les autres albums. Tout y était, pour moi, à jeter. Leur huitième album, Pariah’s Child, est annoncé comme celui qui renoue avec les premiers amours de Sonata et lie à la perfection l’ancien et le nouveau style du groupe ! Autant dire que je me suis rué dessus dès sa sortie, le 31 mars dernier !

1ère écoute, 1er riff, 1ère peur : le mixage n’a pas l’air à la hauteur de l’événement. Tous les instruments jouent quelque chose d’intéressant et de complexe, mais on ne distingue pas trop ce qu’ils jouent séparément et le résultat est très brouillon. Heureusement, cet écueil ne tient plus une fois le premier riff passé. Ouf ! Je ne sais pas ce qu’il s’est passé pour ce court passage, mais sur tout le reste de l’album, le mixage est nickel.

Effectivement, comme annoncé, cet album est une parfaite synthèse de l’ensemble de l’œuvre de Sonata et réuni les meilleurs éléments de toute leur discographie. Force est de constater qu’ils ont su intégrer à leur nouveau style les éléments qui ont fait leur succès au début de leur carrière, chose qu’ils se refusaient de faire jusqu’à maintenant. Deuxième constatation : contrairement à ce que l’on aurait pu craindre, le remplacement du claviériste, n’a aucune conséquence sur la qualité des parties clavier, instrument central de la musique du groupe. La guitare reprend plus d’importance par rapport aux derniers opus, sans être prépondérante comme elle l’était sur les tous premiers disques, ce qui permet d’atteindre l’équilibre clavier/guitare que Sonata n’avait jamais vraiment atteint jusqu’ici, l’un de ces deux instruments prenant toujours le pas sur l’autre. Une parfaite synthèse, je vous l’avais dit !

Les musiques sont légèrement plus courtes qu’elles l’ont été (4-5 minutes, sauf une de 10 minutes) et intègrent des sonorités plus modernes en début et fin (bruits de moteurs, de machines etc…). Tony Kakko est toujours aussi bien en voix, profite de touts les aspects de cette dernière, parfois puissante, parfois douce ; tantôt aiguë, tantôt grave ; tout en conservant le grain de folie qu’elle a toujours eu, et ce sur des parties chants toujours travaillées… Un vrai délice ! Les paroles abordent des sujets sérieux (comme ils l’ont déjà fait, critique de l’évolution scientifique sur Take one Breath ; on parle quand même du groupe qui a critiqué FaceBook deux ans avant la naissance du site ; mais aussi de la guerre avec What did you do in the war, dad?) ou plus légers (Cloud Factory, Half a marathon Man). On retrouve sur la plupart des morceaux des refrains typiques du speed/power Metal, faciles à retenir et entraînants. Ceux-ci sont particulièrement biens et donnent vraiment envie de chanter en cœur, comme Sonata a toujours su le faire.

Les deux premiers morceaux sont excellents, assez simples et représentatifs des premiers albums. Avec leurs riffs puissants mais mélodiques, on retrouve en intro une association guitare/clavier jouant un air repris sur le refrain, comme le groupe le faisait souvent sur ses premiers albums (My Selene, San Sebastian…), des couplets plus calmes et des solos assez courts. Take one Breath est plus mélodique ; la guitare y est cantonnée à la rythmique pour laisser le devant de la scène au clavier, comme sur l’intro (une boucle au piano), et au chant, offrant un résultat très proche des derniers albums, mais en bien mieux. Constatation assez proche pour le morceau suivant, Cloud Factory, très teinté irlandais et vraiment festif, sur lequel la guitare reprend de l’importance. S’ensuit une doublette très émotive, qui fera couler des larmes aux plus sensibles, avec les deux meilleurs morceaux de l’album, Blood, qui se veut clairement l’héritière du chef-d’oeuvre incontesté du groupe, Fullmoon, et What did you do in the war, Dad ? et son intro « boite à musique ». Si vous devez écouter deux morceaux de l’album, écoutez ces deux là, ils valent vraiment le détour. Les deux morceaux suivant font figure d’OVNIS. Le premier commence très bizarrement, avec une musique qui me fait beaucoup penser à la soundtrack d’un jeu vidéo avant de devenir le morceau le plus metal et dans lequel transparaissent beaucoup d’influences. Il faut s’y habituer, mais après quelques écoutes perplexes, ce morceau devient addictif. En revanche, le second est le seul point négatif de l’album, avec une voix de pirate qui couvre la musique par moment et son texte ultra répétitif. Vient alors LA ballade du disque, plaisante et classique, qui rappelle les grandes heures du groupe. Le dernier morceau est un peu long mais somme toute sympathique.

Pour conclure, Sonata Arctica nous signe là un excellent album. Ils refusaient jusqu’ici de revenir au Speed Metal de leur début, mais ils ont su revenir sur leur décision, et grand bien leur a fait. Cet album, digne d’un best of, ressemble à un voyage musical dans la carrière du groupe, une démonstration de tout ce qui a rendu ce groupe célèbre et génial à travers les années. Oubliés les derniers albums en demi-teinte, oubliée le naufrage de Stone grows her Name, Sonata Arctica, LE Sonata Arctica qui fait tant rêver, est de retour, et ça fait du bien !