Sin City « J’ai tué pour elle » : Des jours sombres teintés de rouge

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9 ans. Il aura fallu attendre 9 ans pour que la suite de l’exceptionnelle « Sin City » débarque enfin dans les salles sombres. Après un premier volet qui aura donc marqué les esprits de chacun, les attentes sont au plus haut pour ce second volet. Aucun compromis ne peut donc être accepté. Mais le résultat, qu’en est-il ? Ratage complet ? Grande déception … Ou bien révélation ?

Synopsys et analyse

La réponse n’est comprise dans aucun de ces trois choix, mais elle des plus simples : Une suite à la hauteur du premier volet. Robert Rodriguez nous replonge donc dans l’univers sombre et déchiré de la ville de Sin City, 4 ans après les précédents événements. On retrouve Dwight, pourchassé par ses propres démons ainsi que par la démoniaque Ava Lord, l’amour de sa vie. Johnny, jeune fanfaron accro aux jeux, décide de piller la ville à sa manière, mais en s’attaquant aux mauvaise personnes. Marv, l’impitoyable, continue d’appliquer sa justice personnelle sur tout ce qui lui déplait, tout en gardant un oeil sur la jeune Nancy. Elle-même, de son côté, plonge dans l’alcoolisme pour oublier son ancien protecteur, John Hartigan.

C’est dans ce scénario aux multiples intrigues que l’on jongle entre chacun des trois personnages. Les protagonistes se croisent, leurs histoires s’entremêlent et les actions s’impactent les unes envers les autres . Ils agissent ensemble et contre tous, pour le meilleur et pour le pire. On sent derrière tout cela une écriture et une adaptation travaillée, structurée, pour que tout cela s’emboîte convenablement. Seul bémol, le mélange des différents scénariis fait que la linéarité temporelle n’est pas claire et précise, ce qui peut perdre le spectateur.

Critique

Concernant l’aspect-même du film, employé pour assurer la meilleure mise en scène possible, là encore Robert Rodriguez emploie avec brio les techniques qui on fait le succès du premier opus. Tourné presque intégralement sur fond vert, Rodriguez ré-invente encore une fois le film noir. Ce n’est plus dans un film que l’on plonge, mais dans le comics de Frank Miller lui-même. Certes la surprise n’est pas celle que l’on a pu constater lors du premier opus, mais c’est avec une immense joie que l’on se délecte de telles images.

Évidemment avec autant de poids derrière la caméra, il faut un casting de taille pour que l’histoire tienne la route. Là encore Rodriguez frappe fort. Mickey Rourke endosse une nouvelle fois le cuir du dur à cuir Marv, rôle qu’il avait longtemps hésité à reprendre au vu des nombres d’heures de maquillage nécessaire pour son personnage. Bruce Willis nous fait le plaisir de ré-apparaître pour des courts instants dans la peau de Hartigan, le flic déchu. Joseph Gordon-Levitt (dont le personnage de Johnny est le seul qui soit inventé pour le film) s’impose de manière magistrale dans la peau d’un personnage construit et charismatique. Une déception cependant pour le personnage de Dwight McCarthy, incarné ici par Josh Brolin. Ce n’est pas l’interprétation du personnage qui est remise en question, mais le changement d’acteur. L’interprétation étant restée gravé dans les esprits, ce n’est pas sans regret que l’on assiste à un changement de casting.

Mais à Sin City, ce n’est pas les hommes qui ont le monopole des rôles principaux, ce sont les femmes. Eva Green, la sulfureuse, s’impose dans le rôle de la démoniaque Ava Lord. Sous ces aspects de femme fragile, elle nous présente un personnage machiavélique et manipulateur. Tant par le jeu d’actrice que par son physique, Eva Green nous comble de plaisir et nous régale. Jessica Alba de son côté n’a pas perdu de son talent dans le rôle de la strip-teaseuse torturée, Nancy. Du talent en passant par le jeu scénique, le folie lui colle à la peau, et cela lui va bien.

Avec une telle tête d’affiche, on ne peut que profiter pleinement du spectacle qui a lieu en face de nous. Que se soit dans les rôles principaux ou dans les rôles secondaires, le casting est travaillé, minutieux.

Robert Rodriguez nous pousse au vice, nous fait tomber dans un univers sombre et torturé. A chaque instant, on remercie Frank Miller d’avoir accepté que Rodriguez fasse l’adaptation du comics culte. Dans son propre « Pulp Fiction« , on traverse chaque ruelle en vivant chaque histoire. Des filles, du pouvoir, des flingues, et surtout du sang. La recette marche, la recette prend et lorsque l’on sait qu’un troisième volet est en préparation, on ne peut qu’espérer qu’il n’y aura pas encore autant d’années d’attente.

Ma note personnelle : 8/10

Retrouvez la bande-annonce du film ici