Revivez le festival de Cannes 2015

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Après onze jours et cinquante-trois films en sélection officielle, les frères Coen, Joel et Ethan, qui présidaient ce 68ème festival de Cannes, ont tranché. Cette année, les français sont à l’honneur.

Palme d’or
Dheepan de Jacques Audiard : Le réalisateur, qui signe ici sont septième long-métrage, remporte donc la première Palme d’or de sa carrière, déjà couronnée de succès, notamment grâce à De battre mon coeur s’est arrêté (2005), Un Prophète (2009) et De Rouille et d’os (2012). Audiard livre ici le récit de Dheepan, interprété par Antonythasan Jesuthasan, un ancien soldat des « tigres de libération de l’Îlam Tamoul » au Sri-Lanka. Ce dernier s’entoure d’une femme et d’une petite fille pour quitter son pays et immigrer en France, dans l’espoir d’obtenir l’asile politique. Mais la vie en banlieue parisienne va s’avérer plus difficile qu’il ne le pense.

Prix d’interprétation féminine
Le jury n’a pas su trancher entre l’américaine Rooney Mara et la française Emmanuelle Bercot. La première s’est illustrée dans Carol de Todd Haynes. Quant à Emmanuelle Bercot, c’est sa performance dans Mon Roi de Maïwenn qui a su séduire le jury.

Prix d’interprétation masculine
C’est l’acteur Vincent Lindon, pour son rôle d’un chômeur cinquantenaire dans La Loi du marché de Stéphane Brizé qui remporte ce prix d’interprétation masculine. C’est la première grande récompense pour l’acteur de cinquante-cinq ans, à la carrière bien remplit et plusieurs fois nominé aux Césars.

Le Grand Prix
C’est le Hongrois Laszlo Nemes, trente-huit ans, qui remporte le Grand Prix du festival de Cannes pour son film Le fils de Saul (Saul Fia). Ce dernier nous narre l’histoire d’un prisonnier juif des camps de la mort en octobre 1944 appartenant aux Sonderkommandos, une unité composée de prisonniers, principalement juifs, forcés par les nazis à les aider dans la réalisation de la tristement célèbre « solution finale »

Le prix du jury
Yórgos Lánthimos, déjà récompensé en 2009 pour le prix « un certain regard » pour Canine est ici de nouveau distingué avec The Lobster, qui regroupe notamment Colin Farrell, Léa Seydoux et Rachel Weisz. Le film se place comme une dysotopie, une contre-utopie, où les hommes sont enfermés dans un hôtel. Si au bout de 45 jours ces derniers n’ont pas trouvé de partenaires, ils sont transformés en un animal. Seuls quelques uns parviennent à s’échapper pour rejoindre un groupe de rebelles réfugiés dans une forêt.

Le prix du scénario
À l’instar de Yórgos Lánthimos, Michel Franco, réalisateur mexicain, s’est lui aussi vu décerner, en 2012, le prix « Un certain regard ». Cette année, il s’illustre avec Chronic qui met en scène Tim Roth dans le rôle d’un infirmier au contact de patients en phase terminal et qui va tenter de reprendre contact avec ses proches, qu’il a depuis longtemps abandonné.

Le prix de la mise en scène
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Très connu en Chine, dont il est l’un des réalisateurs les plus respectés, Hou Hsiao-Hsien réside à Taïwan. Il remporte cette année le prix de la mise en scène grâce à son film « The Assassin« , un film d’art martiaux, dont l’histoire se déroule dans la Chine du IX ème siècle.

Enfin, la palme d’honneur est décernée à la réalisatrice française Agnès Varda, qui devient ainsi la cinquième personne à recevoir un tel prix mais également la première femme. Elle rejoint ainsi Woody Allen, Manoel de Oliviera, Clint Eastwood et Bernardo Bertolucci.