Poltergeist : Le combat perdu d’avance

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Ladies & Gentleman, boys & girls … Bienvenu dans notre rendez-vous quasi-mensuelle du remake hollywoodien ! Aujourd’hui c’est un combat peu originel vu qu’il verra s’affronter un grand classique des années 80 à un petit nouveau qui a du mal à trouver le succès ? Ready ? Fight !

Faisons tout d’abord le point. À notre gauche nous avons l’original. Numéro 80 sur 100 des Scariest Movie Moments, nommé 20e film le plus effrayant jamais réalisé par la Chicago Film Critics Association, nommé trois fois aux Oscars et cerise sur le gâteau réalisé par Tobe Hooper (le papa de Massacre à la tronçonneuse) et produit par Steven Spielberg, dont la réputation n’est plus à faire.

Avec un tel palmarès on commence déjà à douter de l’intérêt de faire un remake mais on n’est plus à ça prêt. À notre droite donc nous avons le jeune remake tout beau tout frais et une première chose nous chiffonne, l’affiche. Celle-ci nous vend Poltergeist comme étant le nouveau bébé du producteur de The Grudge et de Evil Dead. Premièrement, lorsqu’en France un film n’est pas vendu en premier avec le nom de son réalisateur, ce n’est pas bon signe. Deuxièmement, quel The Grudge et quel Evil Dead ? Les originaux ou les remakes eux aussi ? La communication n’est pas claire et on part avec de sérieuses appréhensions.

Le synopsys

Mais revenons sur le film en lui-même. On retrouve une fois de plus la famille la plus américaine du monde (sauf que cette fois ils n’ont pas d’animaux, ce qui est presque décevant vu que toutes les familles américaines ont une Lassie dans les films) et ils emménagent dans une nouvelle grande maison … Parce que le père s’est fait licencié. On commence déjà à remettre en cause le scénario que pas le temps on nous présente la famille au grand complet. La jeune fille alias celle qui voit tout parce que c’est une petite fille dans un film d’horreur, la grande soeur alias la fille superficielle/rebelle de la famille, le petit garçon alias l’enfant le plus fragile du monde, le père alias l’homme le plus dépensier du monde alors qu’il est au chômage et la mère de famille alias « J’ai besoin d’être rassuré toutes les 5 minutes ». Une fois qu’on a fini de rigoler devant les stéréotypes des personnages et qu’on essaye de trouver un sens au film on apprend que leurs maisons a été enterré au dessus d’un ancien cimetière aujourd’hui déplacé. « Mais comment ont-ils pu faire ça ? » s’insurge le père, « T’inquiètes pas et reprend du vin » que lui dit son voisin.

L’intrigue du film

L’intrigue de base vous apparaît alors grosse comme leur nouvelle maison et c’est le premier gros reproche qu’on a à faire au film. Le scénario est écrit avec les pieds. On voit absolument tout venir à des kilomètres et le moindres détails se veut accentuer ce qui, en plus de prendre le spectateur pour un débile profond, nous gâche potentiellement un bon Jump-Scare. Les seuls points fort à donner à ce dernier viennent en réalité du premier film Poltergeist dont beaucoup, beaucoup de scènes sont tirées, voir complètement copiées.

Critique

La réalisation n’aide pas du tout à mettre en valeur le scénario. Celle-ci se veut extrêmement banale et assez vide. Gil Kenan, principalement connu pour avoir réalisé le film d’animation Monster House, use et abuse d’effets spéciaux peu efficaces gâchant la simplicité de Poltergeist. En effet c’est en faisant simple que se crée la peur, pas en enchaînant les effets spéciaux plus horribles les uns que les autres. Tout n’est cependant pas à jeter, et certains passages se voient bien penser en matière de mise en scène. Il est ironique de noter que les scènes les plus effrayantes sont celles où la mise en scène se veut la plus sobre possible. La scène du clown ou celle des clous par exemple fera frémir même les plus dur d’entre vous de par sa mise en scène vide d’effets de style superflus.

On en arrive aux jeux d’acteurs et c’est clairement là que se trouveront les plus gros points négatifs. Sam Rockwell, acteur au C.V pourtant bien rempli, ne montre ici que deux expressions : La paralysie faciale, et la paralysie faciale en pleurs. Vous trouverez surement cela exagéré, mais ce n’est rien à côté du reste du casting. Point d’honneur tout de même pour les jeunes acteurs qui réussissent haut la main leurs premiers pas sur grands écrans.

En conclusion

Poltergeist, si l’on fait le bilan, est un échec. Un échec presque annoncé puisque concurrencer un tel monument du cinéma d’horreur était un échec couru d’avance. Peu d’originalité, une dramaturgie copier/coller à l’originale, un jeu d’acteur médiocre. Beaucoup d’argent pour pas grand chose si l’on devait résumer le film.

Ma note personnelle : 4/10

La bande-annonce du film