« Ouija » -Horreur : Mais plus jamais

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L’horreur, qu’est ce que l’horreur au cinéma ? De nos jours, l’horreur a été vu sous absolument toutes ces formes. Du monstre le plus terrifiant à la marionnette en carton pâte, du fantôme qui a hanté nos nuits au simple drap qui bouge … Comment faire aujourd’hui du renouveau ? Comment toucher du bout des doigts ce qui nous effraie, nous ? « Ouija », ne répond à aucune de ces questions, mais nous montre tout ce qu’il ne faut pas faire.

Synopsys

Après une séquence flash back nous apprenant comment communiquer avec les esprits avec une planche en bois, le film débute. L’histoire commence avec Debbie. Grande blonde venant d’une famille américaine banale dans un quartier banal d’une ville banale. On sent que Debbie ne va pas bien, car elle jette dans les flammes un Ouija en prenant un air, très mal joué. Juste après son amie Laine vient lui rendre visite, discute, et puis s’en va (meilleure introduction de personnage au monde). Alors que Debbie se retrouve seul, un esprit (on pense hein, tellement pas évident) décide de la troller en fermant une porte, en tournant le gaz … Debbie commence à flipper puis alors qu’elle remonte dans sa chambre, c’est le drame. Le Ouija est revenu. Debbie est alors soudainement atteinte d’une crise d’épilepsie puis décide de se suicider. OKLM.

Cette introduction à l’histoire résume amplement toute la situation du film, ainsi que son vide absolu. Sur l’honneur nous vous le jurons : Rien, dans ce film, ne fait peur. Rien. Les seules choses un tant soi peu effrayante seraient encore les screamers (les apparitions impromptus provoquant un sursaut) mais absolument rien d’autre. Rien dans le scénario, les décors, et encore moins le jeu d’acteur ou la mise en scène ne vous provoquera un quelconque frisson.

Une mise en scène douteuse

La mise en scène parlons en, du moins que peut-on dire dessus ? Il est à se demander si les producteurs savent à qui confier la réalisation de certains films. Petit rappel aux monsieurs d’Hollywood : James Wann et de retour aux affaires, proposez lui ! Plus sérieusement, rien n’est étudié. À la différence du film Annabelle où la mise en scène était travaillé et détaillé au possible (avoir un chef opérateur en tant que metteur en scène étant forcément un plus), la mise en scène de Ouija a du être effectué par un adepte du sitcom des années 90, mais jamais par un fan de l’horreur. Sans même être fan, s’inspirer du travail de ces pairs lorsque l’on ne sait pas faire peut-être un début. Un début sommaire mais un début.

Mais qu’en est-il du reste ? Est-ce que quelque chose peut sauver le film d’un désastre absolu ? La réponse est non. Le casting en lui-même ressemble à une mauvaise parodie du Breakfast Club. Dans l’ordre nous avons la grande blonde, la meilleure amie stupide mais pleine de bonne volonté, le monsieur muscle, le monsieur dépressif, la jeune soeur émo et la nympho. Cette version de Friends version 2015 est à peu près tout aussi crédible que la description qui vient de vous être faite.

Une honte sur tous les points de vue donc. Il est étonnant qu’en 2015, du travail pareil soit validé et diffusé dans nos cinémas. L’horreur a pourtant su trouver son renouveau. Que se soit dans la manière de filmer avec Paranormal Activity ou bien même dans la qualité même du film avec The Conjuring. Ici rien n’est calculé, tout s’enchaîne dans une platitude digne d’un film que l’on aurait effectué pour le Bac option Cinéma. Aujourd’hui tout a été vu, et dans ce film les fils blancs du scénario sont beaucoup trop visible. Dès les premières secondes de visionnage, on sait d’hors et déjà qui mourra et qui restera en vie (et dans quel ordre).

Aucun élément n’est bon à sauver. De la lumière avec ces lance flairs agressifs aux jeux d’acteurs poussifs en passant par les scènes « violentes » plus courtes qu’une pub youtube et le scénario plus troué qu’un gruyère … Rien ne va, et c’est plus que regrettable. À une époque où chaque genre fait l’effort de se renouveler, voire ce genre de film nous fait comprendre que certains producteurs ne comprennent définitivement pas leurs publics. Le seul point positif ? Si vous voulez devenir réalisateur, regardez ce film. Vous saurez tout ce qu’il ne faut pas faire.

Ma note personnelle : 0,5/10

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