Notre avis sur We are your friends : daube estivale

4min

Est-ce que We Are Your Friends vaut la peine

Max Joseph le réalisateur de We are Your Friends est un habitué de la télévision américaine, pour laquelle il a réalisé plusieurs documentaires et créée une émission de « docu-réalité ». Le film est son premier scénario de cinéma, avec Zac Efron, Wes Bentley et Emily Ratajkowski en têtes d’affiche.Il suffit de voir la bande-annonce pour comprendre le film, et de voir cinq minutes de film pour comprendre qu’on aurait dû rester chez soi. Non pas que l’histoire d’un jeune DJ de la banlieue de Los Angeles n’ai pas de potentiel, mais on se doutait d’une chose et ça s’est confirmé, We are your Friends est juste un clip d’1h30.

Le film a fait un très mauvais démarrage aux États-unis avec moins de 2 millions de dollars de recette pour une sortie pourtant massive dans plus de 2000 salles et une promo assez active. Le titre accrocheur qui reprend le morceau culte de Justice n’a pas réussi à attirer son public (preuve que l’électro se porte mieux hors des marchés de grosse consommation? A l’évidence oui).

Le Synopsys

Jeune DJ donc qui traîne la journée avec ses potes et mixe la nuit dans des clubs, l’objectif de Cole (Zac Efron) dans la vie est de trouver LE son qui le fera percer. Place donc à des démonstrations de « création » sur son ordi, pas très flatteur ni révélateur des processus des vrais artistes de la scène EDM (electronic dance music). Il rencontre un DJ célèbre (Wes Bentley, que fais tu là?!) qui devient une sorte de mentor, sauf qu’il a une jolie copine (Emily Ratajkowski) dont Cole tombe amoureux. Son coup de foudre est d’ailleurs l’occasion pour une scène ultra originale de « ralenti et regard fixe » au milieu d’une foule, bravo pour l’originalité.

L’ouverture du film présente les personnages et leur histoire avec la voix-off de Cole qui s’écrit en même temps sur l’écran. C’est la partie qui est utilisée pour la bande-annonce, qui se veut originale mais qui ressemble juste à un mauvais clip. Cette « esthétique clipesque » pour le dire gentiment revient plusieurs fois, et le réalisateur tente quelques autres « originalités » comme montrer des cœurs qui battent façon rayons X, ou pire transformer progressivement une scène entière en dessins colorés parce que les personnages sont sous drogue. La gêne est d’autant plus forte que les effets spéciaux sont vraiment très laids.

La scène finale: un moment émouvant…

Je ne parlerai que brièvement de cette scène finale où Cole, enfin sur une grande scène pour un festival électro, verse une larme tout en jouant le morceau qu’il a composé, rempli de samples qu’il a enregistré en faisant son footing, et notamment de la voix d’un de ses potes, qui meure un peu avant le festival. L’idée n’est pas mauvaise mais le morceau est vraiment raté, c’est même hallucinant qu’ils aient gardé un truc comme ça.

Niveau jeu, Zac Efron veut bien faire mais ne réussi décidément pas à se débarrasser de cette moue « disney ». La bande de pote n’est ni exceptionnelle ni marquante, juste une combinaison des clichés habituels (le séducteur, le looser, la tête brûlée…). Wes Bentley est bon, évidemment, mais jouer un DJ qui n’a rien de mieux à faire de ses journées que de déconner avec Cole ne lui va vraiment pas. Quant à Emily Ratajkowski, elle a un rôle mal écrit et un jeu assez insignifiant sans être mauvais, mais elle n’échappe pas à une objectivisation complète, à coups de gros plans sur la poitrine quand elle danse. Une autre récurrence dans ce type de films, c’est que les rôles de femmes ne sont pas destinés à des actrices (sexisme bonjour).

Ce qui été annoncé dans sa promo comme « la dernière soirée de l’été » est donc un mauvais film qui surfe sur les tendances du moment, et qui passe complètement à côté. On l’oubliera vite.

note : 3/10