MOMMY: Un clip visuel de Dolan

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Le fameux film dont tout le monde parle, Mommy de Xavier Dolan.
Le film possède une sorte d’aura médiatique, suivie de près par des critiques élogieuses mais aussi grâce à son prix ex-aequo avec le film de Godard pour le prix du jury au festival de Cannes. Sans compter cette légendaire ovation de plus de 12 minutes à la fin de la projection Cannoise !

C’est vrai que Xavier Dolan n’a que 25 ans et pourtant, il a déjà 5 longs métrages derrière lui, avec notamment : J’ai tué ma mère, Les amours imaginaires, Laurence Anyways, Tom à la ferme. Quand on sait que la moyenne d’âge du premier long métrage en France est de plus de 30 ans. Il signe avec Mommy, un film porteur de son thème de prédilection : la figure maternelle.

Synopsys du film

Mommy, raconte la vie d’une mère célibataire peu stable, Diane, qui se retrouve avec la garde de son fils sur les bras, Steve, un adolescent enclin à des comportements excessifs dût à son hyperactivité, qui vont se heurter souvent à la société et à sa mère. Les deux vont faire la rencontre d’une voisine en mal-être, Kyla, créant ainsi un trio singulier.

Tout commence avec le format de l’image, un carré parfait, le format 1:1. C’est dans ce cadre déroutant que l’univers de Dolan se repend sous nos yeux inondés de couleurs de toutes sortes et d’une effervescence d’effets visuels, le tout relié par un montage ultra dynamique. Bien sur, les ralentis sont encore présents, au moins autant que dans Les amours imaginaires. C’est sur, nous sommes dans une œuvre de Xavier Dolan !

Même si le Wonderwall d’Oasis est toujours plaisant à entendre, le film ne ressemble finalement qu’à un clip géant de plus de deux heures, où le réalisateur expérimente plein d’effets visuels pour nous embarquer encore plus loin dans son univers et dans son histoire. Le coup de l’écran agrandi fonctionne plutôt bien, il est installé de façon très sympathique pour nous emmener dans un pur moment de bonheur. En effet, l’écran d’abord en 1:1, (qui est assez intéressant pour les plans proches sur les acteurs mais très inconfortable sur les plans plus larges, agissant comme une gène sur l’épanouissement de notre regard, comme si nous étions confinés) s’allonge à deux moments pour illustrer les scènes de purs bonheurs, et se rétrécit par la suite pour revenir au drame du quotidien. Un symbolisme qui peut paraître un peu trop manichéen.

Et c’est pourtant ces moments de bonheurs qui font de ce film une sorte de « Feel good movie », grâce à une bande sonore particulièrement bien employée et par des moments d’euphorie et de joie de vivre qui s’en dégagent. Mais malheureusement, ils sont que trop courts ( comme dans la vie) et nous retombons alors dans cet intérieur vieillot, pesant et plutôt barbant.

C’est dans cet univers qu’évolue, Diane, la mère, peut être trop archétypée au début, parvient par la suite à la figure de la mère que Dolan aime à nous montrer. Elle devient alors profonde quand son instinct maternelle reprend le dessus, et nous laisse entrevoir des moments de vie magiques. Steve, son fils, une sorte de jeune fou, auquel on ne s’attache presque pas à cause de ses réactions beaucoup trop disproportionnées, qui dans les moments de drame paraissent surfaits mais qui dans les moments de bonheurs, réjouissent.

Alors oui, Xavier Dolan casse les codes, expérimente et nous fait sortir des films froids et codifiés, sans aucune atmosphère. Mais ce déferlement de couleurs et de ralentis mielleux agacent rapidement et saoule très vite.

Un film vivant et sympathique, même si bardé de trop d’artifices.

Ma note 6,5/10

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