Mad Max Fury Road : Soyez témoins, le futur est là

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De nos jours, en 2015, pouvons nous compter le nombre de films que chacun d’entre nous ai vu au cinéma ? Pouvez-vous seulement définir un chiffre, une hypothèse ? Parce que après tous les films qui sont passés sur nos écrans, plus d’une centaine d’année après l’invention du cinéma … Un film nous prouve, à tous, pourquoi cet art a été inventé et révolutionne considérablement son genre. Accrochez vos ceintures, accordez vos guitares et enclenchez la seconde, c’est parti pour Mad Max Fury Road.

Dans un futur post-apocalyptique, le monde n’est qu’enfer. L’eau est une denrée rare, on tue pour du pétrole. La terre est acide et le sable est votre unique compagnon à des milliers de kilomètres à la ronde. Max rockatansky (Tom Hardy) fait partie de cet enfer. Des années après le meurtre de son meilleur ami, de sa femme, et de son fils, celui-ci erre sans but dans le désert. Il se fait alors capturer par le gang d’un certain « Immortan Joe« , chef démoniaque et impitoyable. Mais une de ses plus fidèles alliées, Imperator Furiosa (Charlize Theron) le trahit en faisant s’évader ses précieuses épouses, ses « ventres » comme il les appellent. Max se retrouve alors malgré lui embarquer dans cette aventure, où la folie du monde se libérera plus, toujours plus.

Le scénario tient sur un mouchoir de poche mais on s’en fiche. On veut ce que nous a promis ces bande-annonces absolument indécentes de concentré de rock’n’roll et d’explosions. De l’action, encore et plus, toujours plus. Du haut de ses 70 ans, Georges Miller, réalisateur de la première trilogie Mad Max (ainsi que de Happy Feet 1&2 et de Babe 2 au passage) nous entraîne dans un univers complètement fou. Si bien que trouver des qualificatifs afin de décrire ce film est semblable à un des douze travaux d’Hercule.

Percutant, poignant, furieux, hallucinant, épatant, sensationnel, héroïque, anarchique, apocalyptique, splendide … En d’autres termes : Épique. 2700 plans, 120 minutes, et une atmosphère aussi déjantée que géniale. Georges Miller est tout simplement un révolutionnaire. Qu’il est bon de voir que les bande-annonces n’était alors pas mensongère, bien au contraire, elle ne montre rien.

Par où commencer ? Tout d’abord par la mise en scène. Celle-ci est complètement démesurée. Les décors, les costumes, la direction d’acteur … Comment est-il possible qu’un seul homme sur terre soit capable de réunir autant de choses malsaines et géniales dans un seul et même long-métrage. Tout est là pour nous faire oublier que ce n’est pas sur terre que nous nous trouvons, mais c’est dans l’esprit du réalisateur.

Les acteurs quand à eux sont dirigés d’une main de maître, et d’une main d’une sauvagerie sans nom. Georges Miller transforme, découpe, re-modèle absolument tous ses acteurs de la manière la plus malsaine et la plus géniale qui soit et il fait mouche à chaque coup. Il prend l’intégralité de son casting et l’embarque dans un trip dont lui seul à le secret.

La réalisation ensuite. Parmis ses 2700 plans (presque un record pour un film), aucun d’entre eux est inutile. Au contraire. Chaque plans, chaque insert à son importance et compense le manque de scénario du film. L’action n’est pas expliqué ou détaillé plus que nécessaire, elle est vue. On doit raconter une histoire de trahison et de vol qu’il y a eu il y a des années ? Qu’à cela ne tienne, mais faisons le dans une baston en haut de perches de 15 mètres qui vacillent et qui sont accrochées à des voitures qui crachent des flammes et qui explosent. L’esthétique du film aidant grandement à aimer ce que l’on voit. Pas de plans mal éclairés ou mal pensés ici, la lumière est précise et efficace. Rien d’autre.

Chaque détails à une importance (même moindre dans le film). C’est là que l’on voit le réel travail d’un réalisateur : Quand celui-ci met autant de soins dans le fait de nous emmener quelque part et de nous raconter une histoire.

Plus, encore plus, toujours plus, infiniment plus. Georges Miller nous enfonce ses paroles dans notre cerveau et surtout, nous écoute. Une voiture conduite par des kamikazes, vous en voulez plus ? Très bien alors ils utiliseront des lances explosives artisanales. Vous en voulez plus ? Très bien ils seront guidés par une troupe d’homme qui auront des tronçonneuses accrochées aux bras ! Vous en voulez plus ? Très bien alors ils seront guidés par des gourous complètement défigurés et aux looks absolument démentiels !! Vous en voulez plus ? Très bien alors pour mettre l’ambiance, on va créer un camion en amplis avec neufs mecs qui joueront du tambour pendant que l’un d’entre eux sera suspendu par des câbles et jouera du heavy métal avec une guitare de feu, le tout dans un costume de prisonnier de Guantanamo !!!!

Rien n’arrête la folie, et encore moins celle du réalisateur. Si vous êtes amateur de spectacle grandiose à l’écran, vous n’aurez jamais autant eu l’impression qu’un réalisateur vous comprend. Jamais. Et le fait que le réalisateur arrive à communiquer cette folie à ses acteurs est absolument grandiose.

Le casting parlons en. Tom Hardy nous sort une prestation encore une fois démentielle. Malgré ses deux pages et demie de dialogue durant toute la longueur du film, celui-ci incarne amplement le personnage de Max. Beaucoup se demandait si l’acteur allait être au niveau de Mel Gibson – Acteur principal de la première trilogie – et soyez sans crainte. Tom Hardy ne fait pas du Mel Gibson, il fait du Mad Max. Il EST, Mad Max. Charlize Theron quand à elle et tout simplement méconnaissable. Oubliez l’actrice blonde, mannequin à la peau satinée et au regard d’ange et dîtes bonjour à l’Imperator Furiosa. Dans ce film les acteurs ne joue pas, ils incarnent. Si bien que l’on oublie complètement qui est qui, ce qui aide encore plus à l’implication du spectateur au film. On ne regarde pas, on vit. Dernier point tout de même sur Nicholas Hoult, dont l’interprétation nous fait comprendre le sens réel de ce mot : Jouer. Jamais un personnage n’aura aussi bien accompagné la dramaturgie d’un film.

Vient ensuite les deux éléments qui font le grand succès du film : La montage et la bande-son. Les deux sont étroitement liés. La musique (tantôt diégétique, tantôt extradiégétique) rythme considérablement les scènes d’action en remixant le fameux « Requiem » de Verdi que l’on peut entendre dans la bande annonce. Le rythme dans le montage enfin est tout simplement merveilleux. Où comment voir des images dans tous les sens tout en gardant cela fluide et clair. Du génie on vous dit, du génie.

Tout est fait pour que le film fonctionne, et que se soit en sortant de la salle ou après une bonne nuit de sommeil, on a toujours du mal à croire à ce qu’on vient de voir. Un tel concentré d’action, autant anarchiquement organisé peut-il à se point être parfait ? Bien évidemment que non. Mais chacun de ses défauts se voit compensé et ré-ajusté par une dizaine d’autres points positifs. Le scénario par exemple. On devine le passé de Max mais on ne s’attarde jamais dessus. Pourquoi Max et Furiosa finisse par travailler ensemble alors qu’auparavant ils essayaient de s’entretuer ? Le scénario tient sur un post-it mais et alors ? On rentre dans la salle pour voir un concentré d’action et uniquement ça. À aucun moments le film n’a promis plus, et le spectateur en a clairement pour son argent. Du sang, des larmes, du sable et des flammes. Tels sont les arguments de vente du film et on a ce qu’on veut.

Un tel chef-d’oeuvre d’action (car il faut bien appeler un chat un chat) est à mettre un relief avec ce que l’on nous sert comme action au cinéma. Les licences Marvel, DC Comics et autre aurait bien des leçons à tirer d’un film comme celui-ci, et particulièrement en ce qui concerne la mise en scène et la direction d’acteurs (entre autre). Max est un anti-héros et tout le monde l’ovationne. De plus grosses licences ne sont pas capable d’atteindre ce niveau, cela ne choque personne ? Méditez dessus.

Mad Max Fury Road est donc un ovni. Parti de l’esprit du créateur Georges Miller (âgé de 70 ans rappelons le) jusqu’à ce que l’on voit sur nos écrans, ce film est une révolution. Il nous prouve tout d’abord que la résurrection d’une saga peut être grandiose (contrairement aux nombreux reboot auquel nous faisons face chaque année) et que le cinéma d’action n’a pas dit son dernier mot. Le cinéma sort grandit d’un film pareil, et lorsque l’on sait que deux suites sont d’ores et déjà prévus, on ne peut que les attendre avec impatience, ainsi que croiser les doigts.

Le cinéma a été inventé pour ce genre de film. Et si les autres productions se décident à suivre le mouvement, on se dira alors que oui, aujourd’hui est une belle journée, une si belle journée …

Ma note personnelle : 10/10