Les Gazelles : une Comédie féminine ( à la girl power) !

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Aprés le Hérisson ( 2009) Mona Achache, s’entreprend à son deuxième long métrage «Les Gazelles». Alors que les réalisatrices en France se font rare dans les films de fiction, cette comédie est adaptée, réalisée et interprétée par des femmes. Les Femmes qui sont ici à l’honneur de la réalisation au jeu d’acteur. De plus, le film est tiré du spectacle de  Camille Chamoux, « Camile Attaque » elle-même scénariste et à la commande  de premier rôle du métrage : Marie. L’histoire ? Elle et Eric ( Franck Gastambide), trentenaires, sont en couple depuis le lycée. Lors de la signature d’un crédit leur permettant l’achat de leur premier bien, la jeune femme est piquée d’un doute ultime. De plus une rencontre avec un jeune-homme barbu va venir  bouleverser et précipiter sa décision.  Son déclic : quitter Eric pour se fourrer dans le grand bain du plaisir et de la liberté. Aidée de ses nouvelles amies. Marie va profiter de son célibat comme une nouvelle opportunité pour se construire une nouvelle vie, monotone jusque là, d’où elle pourrait sortir plus forte et enfin plus épanouie .

Cette comédie légère, drôle, traite du célibat d’une manière percutante, en montrant ces trentenaires en recherche de jouissance. Elle aborde aussi les rapports entre les hommes et les femmes, dans toutes leurs intimités. Chaque femme pourrait d’ailleurs s’identifier à un moment donné à une ou plusieurs scènes et ce quelque soit l’âge, touchant ainsi toutes générations confondues.

Le film est rythmé d’un montage scintillant, astucieux … Il fluidifie la continuité des scènes et nous évite une oppression caractéristique de certains films comiques trop conventionnels. Assurément le casting y est pour quelque chose, porté par une immense fraîcheur ! Marie, en décalages des tendances de drague d’aujourd’hui, se voit  entourée par la charmante Sandra (Audrey Fleurot, aperçue dans Intouchables ) incarnant une mère divorcée qui se cache derrière son statut (par peur de languir), Judith (Joséphine De MeauxNos jours Heureux-) qui refuse de grandir, Gwen (Anne Brochet, à l’affiche de « Arrête ou je continue » ), une psy quarantenaire complètement déjantée et Myriam (Naidra Ayadi  –Polisse-) qui quant à elle ne parvient  pas à quitter un homme trop vieux pour elle, par crainte de se retrouver seule .

En effet on y voit des femmes profiter de leur liberté sexuelle sans tabous, exactement comme des hommes pourraient le faire. Les gazelles affirment pleinement leur indépendance dans cette société moderne. Les Gazelles, un « Sex and the City » à la française reflète une société dans laquelle on sort pour faire la fête, afin d’oublier les tracas du quotidien, dont on s’enivre afin d’échapper et d’oublier le temps d’une soirée une société parfois trop difficile à supporter .

 

Cette quête de revendication libertine peut aboutir vers cette recherche de l’individualisme dans notre époque actuelle, ce qui nous amène à nous pencher et à réfléchir sur les relations amoureuses qui peinent à concilier liberté et contrainte de l’engagement. Marie en se détachant de son conjoint -la freinant à avancer- s’émancipe en aspirant à une vie plus riche d’expériences , et donc à ce désir de garder cette individualité en tant que soit. Elle refuse de cohabiter et de partager une vie à deux, symbole d’enfermement et de contrainte.

Mona Achache dépeint élégamment un regard tranché sur une génération inégale qui étouffe entre les différents stéréotypes sociaux comme la peur et le mépris du célibat. Les Gazelles est en totale harmonie avec son temps ou la débauche est mère. Néanmoins le réalisme du film et sa simplicité nous font passer un agréable moment. Simplicité mais efficacité sont les mots d’ordre de ce film générationnel.

Note personelle : 7,5/10