La Rage au ventre (film): Analyse complète

5min

La colère comme ennemie

La vie. Terrible question philosophique que de la définir. Tantôt elle joue en notre faveur, tantôt elle se met dos à nous pour nous faire subir les plus amères expériences. Aujourd’hui dans La Rage au ventre, dernier film d’Antoine Fuqua (Training Day, The Equalizer …), c’est face à une étrange question philosophique que l’on doit faire face : Que faire lorsque c’est notre propre vie qui nous met le genou à terre ?

Le synopsys

Billy « The Great » Hope ( Jake Gyllenghaal )est un champion. Un champion invaincu. Du haut de ses 43 ans il a tout pour réussir. Une femme merveilleuse, une maison fabuleuse, sa petite fille Leila, sa bande d’amis. Une vie grandiose en somme pour celui qui a connu la dure vie d’orphelinat. Mais bien évidemment tout bascule. Après un gala de charité, sa femme subit un tir d’une balle perdue au cour d’une rixe entre lui et un jeune rookie, Miguel Escobar. Tout bascule alors. Les dettes s’accumulent, son agent (50 Cent) lui tourne le dos ainsi que le reste de son équipe. Suite à son comportement lunatique enfin, la garde de sa fille lui est retirée. Billy va donc devoir se battre, pour retrouver à la fois sa grandeur d’antan mais aussi sa vie qui lui était si chère.

Une histoire suffisament complexe ?

Antoine Fuqua nous pose donc le contexte. Un contexte intéressant mais accompagné d’une histoire beaucoup trop simple, celle de l’homme en quête de rédemption. Certes les idées sont là, mais des reproches peuvent être à faire dans cette narration presque trop simple. Cependant beaucoup de choses ne sont pas à jeter. Fuqua nous impose une caméra brusque, qui cogne. Comme les nouvelles arrivent à faire vaciller le champion en titre, la mise en scène ne nous épargne pas. Accompagné d’une très belle photo (mais qui ne sort pas de l’ordinaire), on sent le réalisateur investit, que ce dernier ne s’est pas contenté de placer la caméra ici et là pour au final toucher son chèque. L’idée est posée, et la mise en scène l’accompagne à merveille.

Mais le principal soucis du film est son rythme, sa narration. Tantôt trop longue, mais très souvent beaucoup trop courtes. Oubliez le fait de passer presque 2h entre plusieurs matchs de boxe, c’est ici la vie hors ring qui nous intéresse le plus. Le plus dur match de Billy se trouve en dehors du ring, pas dans ce dernier. Car en plus de sa vie, c’est lui-même que Billy devra affronter. Canaliser sa rage, sa colère pour en faire son arme la plus puissante. Là se trouve son réel défi. Son ennemi est sa colère, celui qui lui a fait tout perdre.

Le propos est donc plus qu’intéressant mais mal agencé. On se perd dans un film qui manque cruellement de rythme. Un véritable puzzle sera à refaire avec ce film. Enlever 20 minutes par ici, remettre 15 minutes par là … Le plus gros soucis est donc ici et c’est un immense point sombre.

Gyllenghaal: une performance extraordinnaire

Mais le film se voit sauvé par son principal argument : Jake Gyllenghaal. Ce dernier a récemment déclaré qu’il choisirait dorénavant ses films avec plus de soin, afin de s’investir au maximum dans son personnage. Le bonheur de tout réalisateur en somme. Soyez témoins (comme on dit dans Mad Max), le futur est là. Jake Gyllendhaal est un acteur passionné, qui se donne à 400% dans ce rôle de boxeur lunatique au grand coeur. Ayant subit une transformation intense (surtout lorsque l’on voit la différence avec Night call), l’acteur est un des futurs grand de Hollywood. À la manière d’un Daniel Day-Lewis ou Christian Bale, on espère de tout coeur que les efforts de ce dernier seront payants afin qu’il accède enfin à la renommé qu’il mérite.

Le mixage sonore enfin rend les combats encore plus abrupte. La BO du film par Eminem (qui aurait du avoir le rôle titre) rendant le propos du film encore plus pertinent. Un point fort encore une fois.

Notre avis sur le film

La Rage au ventre est donc un film profond, traitant de la souffrance d’une vie qui bascule du jour au lendemain. Tel Icare, Billy Hope est le symbole d’un homme qui, de bonheur, a touché le soleil pour au final se brûler les ailes et subir une chute sans fin. Un film puissant, qu’un manque de rythme vient à réduire en lambeau. Une déception pour autant ? Absolument pas tant la réalisation et le jeu d’acteur montre une implication sans nom. Pour passer un bon moment, ou même juste pour le plaisir de réfléchir sur le sens de sa propre vie : On ne peut que vous le conseillez.

Ma note personnelle : 7/10