La face caché de Margo : critique et détails

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La face caché de Margo : On peut voir l’autre côté ?

Surfant sur la vague des films d’auteur romantico-adolescents, avec en tête de liste 2014 le fabuleux « Nos Etoiles Contraires » (Josh Boone), nous vous présentons cette semaine « La face cachée de Margo », réalisé par Jack Schreier (Robot and Franck – 2012), adapté du roman « Paper Town », écrit par John Green et paru en octobre 2008… Auteur précédemment adapté avec « Nos Etoiles Contraires » ! Coïncidence ? Nous avons voulu en savoir plus sur la qualité de cette nouvelle adaptation…

Le résumé du film

Mais commençons par l’histoire, celle de Quentin « Q », épris de Margo depuis son enfance, et qui n’a jamais cessé de penser à elle… Alors qu’ils ont grandi, leurs chemins se sont séparés et, bien que voisins, ils ne se sont plus qu’entrevus, c’est tout. Lui, devenu une sorte de lycéen « geek » typiquement rejeté par tous les mecs cools de l’école (ormis l’intello black et le mytho mal à l’aise qui veut faire croire à ses potes qu’il tire sur tout ce qui bouge), elle, une nana hyper branchée qui sort avec le type le plus beau et le plus swag du lycée, traîne avec les nanas les plus bimbos, mais qui, au fond d’elle, n’est bien sûr clairement pas faite pour cette vie là, etc. Vous avez dit cliché ? Ah. Oui. Mince. Bon allez, maintenant que les personnages sont « construits », passons tout de même aux choses sérieuses : Margo, après avoir réveillé Quentin pour une virée nocturne vengeresse, disparaît de la circulation, purement et simplement. Ce dernier, inquiet et amoureux n’aura de cesse de la chercher pendant tout le film, récoltant indice après indice la moindre information qui lui permettra de retrouver l’élue de son cœur…

À la recherche de quoi ?

Bon, l’ennui, c’est que cette fugue ne cache rien d’autre qu’une simple fugue, et que la récolte aux indices de Quentin n’a absolument rien de trépidant… D’un élément à l’autre, on s’ennuie presque, on trouve parfois les liens incohérents et les indices farfelus, bref, difficile de trouver le rendu passionnant… Par ailleurs, les thèmes (l’adolescence, la fugue, la recherche de l’être aimé…), intéressants bien sûr, ne sont que très peu approfondis, et ne nous montrent à terme qu’une vision typique de la fin de l’adolescence américaine : fin du lycée, bal de promo, fantasmes… Une sorte de « Projet X » version auteuriste ? Ok, c’est clairement salaud de dire ça, mais sincèrement, le message est le même : carpe diem, la vie est cool, profites de tes potes avant de les quitter, etc. Oui, on sait, c’est aussi le message de Fast&Furious 7, mais ça, ça n’a rien à voir. Et en tout cas, quoi qu’il arrive, on est loin, bien loin, de la gravité et de la maturité de « Nos Etoiles Contraires », sorti l’an dernier, toujours sur le thème de l’amour et des adolescents, mais aussi, immensément, sur le thème de la maladie. Ok, comparer, c’est pas toujours très bien, mais quand on fait une campagne de com’ basé sur le nom de l’auteur précédemment adapté blablabla, faut pas s’attendre à autre chose. Et hop, ça c’est fait.

Musique, Technique et tournage

Le film n’est cependant pas exempt de qualité. Pour commencer, la technique est tout à fait correcte : l’image de David Lanzenberg est travaillée et « sensible », presque nostalgique par moment (comme beaucoup de road trip ?), peut-être parce que le film est dirigé par un adulte qui puise dans ses propres souvenirs pour réaliser, le montage, sans être franchement audacieux, pousse régulièrement la porte de l’originalité, etc… Un ensemble qu’on pourrait qualifier de « mignon », et ce, sans mesquinerie aucune.

Au niveau de la bande originale (Ryan Lott), une musique pop et entraînante rythme le film de manière efficace, et nous entraîne dans un univers jeune, dynamique, tantôt malicieux, tantôt mélancolique, mais toujours très juste.

Surtout, on comptera parmi les points forts du film son casting, avec en première ligne Nat Wolff, déjà vu dans… « Nos Etoiles Contraires » (décidément, on n’en sort pas), mais qui dispose ici d’une bien plus grande latitude dans son jeu, et qui mène formidablement son rôle, bien encadré par ses deux copains maladroits, les rigolos Austin Abrams et Justice Smith, qui complètent un trio très bien trouvé, à défaut d’être véritablement original… Cara Delevigne, dans le rôle de Margo s’en sort elle aussi de manière très correcte, même si son rôle nous débecte un peu (mais ça, c’est plutôt bon signe!). Le reste du casting suit le niveau, pour notre plus grand plaisir.

Pour conclure:

En résumé, un film qui subit un peu (beaucoup ?) la publicité qu’on en a fait, sûrement à tort car à s’attendre à un long-métrage fabuleux, on est bien souvent déçu par l’œuvre qui, sans grand défaut, ne nous surprend par réellement car elle n’a rien pour nous surprendre, que ce soit par son sujet, son traitement, ou par la technique qu’il met en œuvre pour nous délivrer un message, pourtant simple et universel… Dommage.

Ma note personnelle : 5/10