La Crème de la Crème : Kim Chapiron, l’avenir du cinéma français

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Kim Chapiron nous a beaucoup habitué au même genre de film : souvent malsain, un contexte à la limite de l’horreur, une ambiance frôlant tantôt le thriller, tantôt le dramatique. Son travail s’est très vite fait remarquer avec le terrifiant « Sheitan« , puis avec l’ultra-réaliste et violent « Dog Pound« . Tout deux imprégné d’un talent à l’état brut.

Aujourd’hui le réalisateur âgé d’à peine 33 ans opère un virage complet sur son style du film, sans rien perdre en qualité. C’est sur les tons d’une comédie dramatique (voire satirique) que son nouveau film est amené. On reste toute fois dans une trame de fond qui a fait sa réputation : Une jeunesse encore une fois mise en avant.

Synopsys

« La Crème de la Crème » nous emmène visiter les bas-fonds de la jeunesse dorée. On suit Kelliah, Dan et Louis, trois étudiants en école de commerce (la meilleure !) se délectant des vices à leurs portées, c’est à dire servi sur un plateau.

Un seul n’est pas accessible à tous : Le sexe, et c’est exactement ce filon que 3 étudiants décident d’exploiter. Le sexe est alors mis sur le marché, qui plus est avec une demande plus qu’importante. Un système marketing qui tourne vite au réseau de prostitution. Tel des Jordan Belfort et sa meute dans « Le Loup de Wall Street« , ils sont prêts à tout pour monter leurs réseaux et réussir en société.

Kim Chapiron a toujours choisi des sujets de films lui donnant un pouvoir de critique sur notre société actuelle. Il nous transmet un regard acerbe sur la société consommatrice via son objectif. Le film est également porté par un talentueux trio d’acteurs, incarnant avec un innommable cynisme de la « génération Y« . Génération qui semble-t-il, oublie les véritables sentiments pour les remplacer par des plaisirs superficiels. Un désarroi contemporain mis en scène de manière prodigieuse.

En plus d’un talent inné de réalisation, Kim Chapiron sait redoubler d’efforts et de moyens pour nous ancrer dans un réalisme profond. La bande-son, sélectionnée avec justesse, nous fait valser entre « Justice » et « Michel Sardou » (La chanson « Les lacs du connemara » vous restera en tête pendant des heures et des heures sans pouvoir vous empêchez de la fredonner).

Une jeunesse

On assiste aux déboires d’une jeunesse affichée comme une meute assoiffée, avide et réclamant « Plus, toujours plus ! », montrant le vrai visage du renouveau de notre société, sans hypocrisie ni subterfuge. Puissant et corrosif, l’approche de Kim Chapiron à la manière d’un documentaire rajoute une profonde crédibilité au film. Au lieu de basculer facilement dans le cliché, c’est plus une vérité dérangeante que le réalisateur tient à mettre sur grand écran. La moralité peut être résumé en une seule citation : « Seigneur ne leur pardonnez pas, car ils savent ce qu’ils font ».

Kim Chapiron, l’enfant terrible du cinéma, est quelqu’un qui ose, qui amène une nouvelle créativité dans un cinéma aujourd’hui ancré dans ses gloires passées. Le tout sans tomber dans des clichés scénaristiques. On passe une séance certes choquante et violente, mais grandement agréable. On peut donc le certifier haut et fort : « Oui, le cinéma français a de l’avenir ! »

Ma note personnelle : 9/10

La bande annonce ICI

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