« Jurassic World  » : Le Reboot le plus dangereux de l’histoire

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Le reboot avec l’une des sagas les plus connus de l’histoire du cinéma, devenue culte aujourd’hui, et qui a marqué la jeunesse de beaucoup d’entre vous. Jurassic Park, ou plutôt Jurassic World maintenant est de retour. La saga a-t-elle crée l’exploit de l’originalité ou plonge-t-elle à bras le corps dans le gouffre des suites sans âme ? Croyez nous, on a beaucoup de choses à dire.

Résumé (sans spoiler) du film

Commençons par le commencement. L’histoire commence sur deux enfants, Gray et Zach (Alias les deux enfants les plus américains du monde venant de la famille la plus américaine du monde). On nous présente la famille, avec un jeune fils très agité et un plus âgé, en couple. Ce dernier tient à sa copine mais elle plus, vu que elle elle lui dit « Je t’aime » et pas lui. Triste drame lui doit partir en vacances et des adieux tonitruant ont lieux entre les deux. En plus, au moment du départ, on se rend compte que rien ne va entre les deux parents et qu’ils sont à deux doigts du divorce. On est à 10 minutes dans le film et ni une ni deux on se rend compte que ce début ne servait à rien pour que finalement on arrive sur l’île d’Isla Nublar. Très rapidement on rencontre les différents protagonistes du film. Owens (Chris Pratt) un dresseur de raptor accompagné par Barry (Omar Sy), Claire (Bryce Dallas Howard) qu’on pense être la directrice adjointe du parc vu qu’elle a droit à une assistante, Vic (Vincent D’Onofrio) le gros militaire méchant et enfin Masrani (Irfan Khan), le nouveau John Hammond de Jurassic World. Après dix ans d’existence donc, Masrani voit les choses en grand et lui et toute son équipe de scientifique décide de créer une nouvelle espèce : L’Indominus Rex. C’est alors que les ennuis commencent vu que la bébête se voit plus intelligente que prévu et réussi à s’enfuir.

Critique

Il y a beaucoup, beaucoup de choses à dire alors autant débuter par là où ça fait mal. Le fan-service. Cette technique, utilisé énormément dans les adaptations (de Comics surtout dernièrement) consiste à rappeler aux fans de la première heure des éléments de la saga originelle enfin de ravir les plus « Hardcore » d’entre nous. Ici, le fan-service est usé, puis essoré, puis dispersé pour enfin être étalé un peu partout dans le film. Un peu partout car à chaque instant le film de 1993 vous sera rappelé par différentes anecdotes. De la plus subtile (un casque abandonné venant du premier film, plutôt efficace) à la plus appuyée (un t-shirt officiel du premier film, sans rire), on dégobille du « Jurassic Park » de Steven Spielberg avant les 20 première minutes du film. Ce qui nous amène au deuxième point, le fan-service s’étale même sur la réalisation.

Une réalisation à la hauteur

Il faut être tout à fait honnête. Pour une première réalisation, Colin Trevorrow s’en sort plutôt bien. La mise en scène est efficace et certains effets sont très appréciable, comme le fait de découvrir le nouveau dinosaure après plus d’une demi-heure du film, prenant le temps de placer l’Indominus Rex comme une menace énigmatique et non comme un animal de chair et d’os. Cet effet n’est pas sans nous rappeler récemment le Godzilla de Gareth Edwards mais surtout le Dent de la mer de Spielberg (on peut penser que cela vient donc de son rôle de producteur dans le film, mais laissons lui le bénéfice du doute). Tout cela sera donc très bon (pas parfait, très bon) si Trevorrow ne recopiait pas à l’identique des plans du premier opus. Assez ! Au lieu de s’imposer comme une bonne chose voir-même un hommage, on passe presque plus de temps à compter le nombre de références que le réalisateur à choisi de placer (la rédaction offre donc un entretien d’embauche à celui qui arrivera à tous les énumérer).

Les placements de produits…

On compte alors le nombre de références quand soudain on trouve quelque choses de beaucoup plus drôle à compter, le nombre de placement de produits. Pour faire simple, des marques proposent aux studios ses produits pour qu’ainsi ils apparaissent dans le film. En échange, cette dernière participe aux frais de productions tout en s’octroyant une certaine visibilité. Tout le monde y gagne donc. Mais cette technique, énormément critiqué (à juste titre) dans le monde du cinéma, a décidé de passer aux crans supérieurs dans Jurassic World. Vous êtes sceptiques ? En sortant de la salle et – en plus d’avoir en tête le film que vous aurez vu – vous saurez ceci : Si Chris Pratt est cool, c’est parce qu’il boit du Coca-Cola, pour être plus rapide que les autres, il vous faut une Mercedes Benz et pour avoir un bâtiment super cool et rempli de nouvelles technologie, faîtes le financer par Samsung. Bref, ça dégouline dans tous les sens.

Les points positifs du film

En dépit de ces détails (oui il faut le dire, cela reste des détails), le film contient bon nombre de points positifs. Même si, encore une fois, ils sont à prendre avec des pincettes.

Le scénario

Le scénario tout d’abord. D’apparence extrêmement classique, celui-ci est plutôt surprenant voir assez bien construit. L’histoire est solide et tout est expliqué de A à Z sans d’immenses points sombre. Certes certains effets peuvent être vus comme des facilités scénaristiques, mais la réalisation de Trevorrow nous les amène d’une manière tout à fait correcte et l’élément le plus évident peut nous apparaître comme surprenant. Chose rare donc un blockbuster, étant donné que ces derniers sont dans 90% des cas critiqués pour leurs manques d’idées et d’originalités. Cependant, alors que les fans hardcore peuvent être pleinement satisfait par les différents hommages fait tout le long du film, ces derniers peuvent se montrer très sceptique face à certaines situations. Les raptors par exemple, ici montrer comme des alliés alors que leurs férocités à été mise en avant durant les trois premiers opus ! Tout cela est à relativiser bien sûr.

Un bon rythme

Un scénario qui arrive à s’imposer grâce à un rythme qui lui aussi est tout à fait correct. On ne s’ennui absolument jamais et les seules « absences » que l’on peut ressentir sont principalement dues aux effets évoqués plus haut. Encore une fois il est dur d’évoquer ce point comme un réel point positif puisque savoir tenir les spectateurs en haleine est le minimum syndicale demandé à un film à gros budget. Encore que le film se divise très clairement en deux parties distinctes. D’un côté est mis en avant la menace évidente de l’Indominus Rex sur le parc et de l’autre la vadrouille des deux gosses qui ont décidé de faire l’école buissonnière au mauvais moment, et surtout au mauvais endroit (encore une fois, dans un rythme calqué sur le premier opus). Bref, ne revenons pas sur le cas du plagiat.

Et le son ?

Le montage son lui aussi tient la route. Aidé par la musique de John Williams un chouilla revisiter, on ne sort pas du contexte de la première trilogie est ici aucun aléa n’est entendu. On reste sur du solide dans un terrain qui a fait ses preuves.

Le jeu d’acteur

Vient enfin le cas des acteurs et dieu sait qu’il a été difficile de mettre cela dans les points positifs tellement le casting est en demi-teinte. Les rôles secondaires tout d’abord. L’enfant le plus jeune, Gray – Joué par Ty Simpkins – relève le niveau entre les deux plus jeunes acteurs. Il est à noter qu’à seulement 13 ans, ce dernier jouait aussi dans les films Insidious, saga horrifique de James Wann. Un enfant star et doué comme on les aime donc. Pour le reste on retrouve donc Vincent D’Onofrio en méchant ultra-classique vu que ce dernier incarne l’archétype même du militaire bête et méchant qui est dans la même lignée que le général dans le film Final Fantasy. Ces derniers avec à chaque fois la même idée géniale en tête : Résolvons le mal par le mal, et au diable les conséquences. Un personnage dont la stratégie n’est pas donc pas son fort (cocasse pour un militaire donc). Le voir dans un rôle pareil fait mal, surtout lorsqu’on le connait comme Caïd dans la série Daredevil. Le reste du casting sert juste de figure et ne sont pas des rôles à part entière. Il est triste de dire que Bryce Dallas Howard n’est ici que pour faire jolie mais il est très dur de ne pas le penser tellement son rôle est vide de sens (quoique important pour le scénario) et que n’importe quelle autre actrice aurait pu convenir. On retrouve ensuite une palanquée de rôle secondaire, du plus utile avec le sidekick rigolo un peu geek au plus inutile avec Omar Sy. Quand verra-t-on le français avec un grand rôle dans un film hollywoodien ? Autant se dire jamais.

Les dinausaures

Côté dino attention on frappe un grand coup. L’Indominus Rex. Un nom qui avoue avoir été choisi « Pas pour donner des cauchemars aux enfants, pour donner des cauchemars aux parents ». Mélange inter-espèce complètement cauchemardesque et doté d’une intelligence hors norme, on s’approche du parfait antagoniste avec ce pokémon des enfers 2.0. De base très sceptique lorsqu’on voyait la bande-annonce, ce dernier est donc une très très bonne surprise et il fonctionne du tonnerre.

Pour terminer avec le casting, on vous parlera de Chris Pratt. Pour ce qui est des rôles « humains » le film tout entier tient sur ses épaules et ce dernier l’a très bien compris. Pratt est aujourd’hui le nouvel Indiana Jones d’Hollywood pour une bonne raison et son jeu colle parfaitement avec l’atmosphère du film. Ni excellent, ni mauvais, Pratt livre la performance qu’on attend tout en y ajoutant son charisme inégalable.

En conclusion

on est extrêmement mitigé. D’un côté on se retrouve avec un très bon blockbuster, doté de bonnes idées scénaristiques, des idées de mise en scène assez fun et un bon rythme. Mais pour un aspect positif, on peut aisément trouver deux points négatifs. Le scénario vomit de référence au premier opus, la mise en scène fait de même et est souvent gâché par un jeu d’acteur très cliché voire passif et le rythme n’est pas instauré dès le début avec cette double narration assez inutile et servant juste à nous montrer plus d’aspect du parc.

On vous l’a dit plus haut, mais ce film est la première réalisation (en terme de long-métrage) pour Colin Trevorrow. L’annonce en avait choqué plus d’un lorsque l’on sait à quel point il était « dangereux » de confier l’un des plus grands reboot de l’histoire à un novice. On peut alors se dire que les studios ont fait venir en masse des annonceurs afin de couvrir financièrement leurs arrières. Certes cette pratique est encore une fois plus que critiquable, mais témoigne de la frilosité des studios à s’investir complètement autrement qu’avec des suites. Les cas de John Carter ou plus récemment de Tomorrow Land sont là pour nous rappeler le danger qu’encourt les studios en cas d’échec. Prendre un petit nouveau et le formater à la manière Hollywoodienne était donc surement ce qu’il avait mieux en magasin.

Même exemple en ce qui concerne le fan-service. Comment être sûr de ramener un maximum de monde dans les salles ? En leur montrant que l’on a pas oublié la première saga. On le montre encore, encore, encore et encore comme si la réalisation devait passer par un stade « justification ». Oui on est content, mais passer les trente premières minutes, on aimerait bien se concentrer plus sur quelque chose de nouveau, voir si il y a un intérêt à une suite justement.

Le nouveau il y en a, et cela apporte du « Cool » au film. On répond à certaines de nos questions d’enfance, comme « Comment ça se passerait un parc d’attraction avec plein de dinosaures ? ». Là les idées sont au rendez-vous, mais avec une technologie financée par Samsung. Pour l’anecdote, le film lui-même critique ouvertement le placement de produit. Ironie tu crèves l’écran.

Tout, et absolument tout dans ce film, peut être remis en question. Autant dire qu’il n’a pas fini de faire débat. On pourrait faire fit de tout cela et simplement passer un bon moment, mais chaque détails sautera aux yeux de quiconque ayant un minimum d’attention. On a envie d’aimé ce film, sincèrement, car il nous pousse à l’aimer. Mais à force de trop pousser, on ne finit par ne rien récolter. À part la moyenne. À voir si les studios sauront être plus subtil dans les volets 5 & 6. Car en plus d’une Happy End prônant l’amitié inter-espèce, on a en plus droit à une des fins ouverte les plus visible de l’histoire du cinéma.

Les studios arriveront-ils à imposer leurs idées sans pour autant gâcher notre plaisir de fan, ou reprendront-t-ils leurs travails de bulldozer comme ils l’ont fait avec Man Of Steel ou Avengers. On croise les doigts (et le reste), et on regarde l’avenir, avec un sourire en coin quand même.

Ma note personnelle : 5/10

La bande-annonce du film ici