Je suis mort mais j’ai des amis : brouillon, loufoque et rock’n’roll

3min

Deuxième long métrage des frères Malandrin, Je suis mort … se lance à la poursuite des rêves perdus au rythme d’un road movie tragi-comique loufoque flirtant avec les frontières de l’absurde.

Synopsys

Grand Ours, un groupe de rock composé de quinquagénaires sur le déclin, perd brutalement son leader. Ses comparses Ivan et Wim, décident de ne pas annuler la tournée aux USA mais au contraire d’amener les cendres de leur chanteur à Los Angeles pour qu’il soit avec eux. Au fil du voyage les masques tombent et les amis de toujours en découvrent plus sur le défunt et sur eux-mêmes…

Analyse du film

Je suis mort…, sous le couvert de la comédie, traite de la perte des illusions que l’on projète sur soi et sur les autres pour parfois éviter une réalité qui nous déplait. Ainsi Ivan occulte la possibilité que son ami soit homosexuel et ne se confronte à cette réalité qu’une foi que celui-ci est mort et que Danny, son petit ami, lui en fournit la preuve. De même il refuse de voir qu’il essaye de contrôler tout le monde et principalement ses amis pour que les choses soient comme il les désire. Par ailleurs ses grands enfants ne veulent pas voir qu’ils sont finis en tant que groupe, ils ont faire leur temps et leur heure est passée …

Ce sont toutes ces illusions et d’autres encore qui tombent tout au long du film comme des fruits trop mûrs que par paresse on a refusé de cueillir. De la Belgique au grand nord canadien, de la Jupiler à la Budweiser, la route emmène le groupe loin de ses repères pour qu’il honore une dernière fois la mémoire de son défunt leader. Voyage initiatique rythmé par des épisodes rocambolesques impliquant un crash d’avion, des pétards bien dosés, un train pour une destination inconnue, de la bière, encore de la bière et un hydravion…

De l’épisode du vol des cendres, à celui du barbecue inuit en passant par celui du chili avarié, le film vogue de sketch en sketch, parfois hilarants, parfois un peu lourds. Jamais il ne s’embarrasse à travailler son cadre ou son image et assume complètement son côté brouillon et crade. Seulement l’écriture et l’interprétation étant assez inégales, le film peine parfois à produire son effet et s’inscrit dans une sorte de faux rythme qui ne le sert pas.

Notre avis

On ne va pas jusqu’à s’ennuyer mais le film laisse un gout de pas tout à fait finit, comme s’il aurait pu être hilarant et qu’il s’était contenté de l’être uniquement à certains moments choisis. Trop brouillon pour être complètement bon.

Je suis mort… avec son intrigue classique et ses sketchs inégaux ne manque pas de faire rire mais ses approximations d’écriture, de mise en scène et d’interprétation l’empêche d’être complètement convaincant.

Note personnelle : 5/10.