Divergente 2 : Efficace mais sans surprise

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Coupe à la garçonne, regard torturé par le fardeau de sa « divergence », Tris (Shaleine Woodley) gagne en mordant et en maturité afin de nous livrer des scènes de combats jubilatoires dans ce deuxième opus de la saga dont le visuel et l’explosivité sont à saluer. Mais ce nouveau budget manifeste alloué aux effets spéciaux ne dissimule tout de même pas la faiblesse du scénario.

A l’instar du geai moqueur qu’incarne sa rivale et alter ego Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) dans Hunger Games, la jeune héroïne de Divergente prend son envol. Mais ce n’est pas le cas des dialogues et de la psychologie manichéenne des personnages qui eux, pour le coup, reste au ras du sol.

La société dystopique dans laquelle évolue notre héroïne est toujours divisée en 5 factions : les Erudits, les Sincères, les Audacieux, les Altruistes et les Fraternels. Entrant à la fois dans toutes ces castes et dans aucune, Tris met à mal ce méticuleux système. Les intellos (Erudits) gouvernent d’une main de fer tout ce petit monde, et Jeanine (Kate Winslet) veut supprimer ces fauteurs de troubles que sont les divergents en appliquant la loi martiale. Tris, son amant Quatre (Theo James), son frère Caleb (Ansel Elgort) et Peter (Miles Teller) ont été accueilli par les Fraternels, ces hippies qui préfèrent ne pas trop se mouiller dans la lutte des rebelles contre l’autorité. On découvre avec plaisir le fonctionnement de cette fatrie, ainsi que le monde sombre et plein de secret des Sans-factions sur lequel règne la très attendue Naomie Watts. Dans l’insurrection, nos héros tentent coute que coute de fédérer tous les déçus et les opprimés dans une course effrénée contre la montre. Ce grisant chemin vers la dislocation du système établie est semé d’embûche et motivée par la découverte d’une boite mystérieuse dont le plus insubordonné des divergent serait la clé…

Robert Schwentke (Brigade Fantôme, Flight Plane) reprend la réalisation à Neil Burger après le succès du premier volet de l’adaptation des romans de Veronica Roth, jeune écrivaine américaine de 26 ans. Cristallisant tous les codes actuels de la science-fiction pour adolescents, l’histoire emprunte un chemin somme toute assez banalisé. La romance entre Tris et Quatre piétine et la naïveté de leurs échanges conduit à esquisser un sourire compassé. Le rôle de Peter gagne en intérêt même si on déplore son manque de finesse : corrompu par son intérêt personnel, il campe le rôle du vilain petit canard qu’on apprécie quand même pour son pseudo franc-parler et sa légèreté. Enfin un personnage un peu moins dégoulinant de bons sentiments ! On découvre aussi de manière plus appondis Caleb, révélé dans Nos étoiles contraires par une histoire d’amour pleine de sensibilité avec… Shaleine Woodley !

En tout cas, c’est bien à 119 minutes de concentré d’adrénaline auquel on a à faire ! Le Chicago post-apocalyptique qui sert de terrain de jeux à nos deux audacieux ravit nos yeux : ce terrible mariage entre des buildings fracasse et une nature qui reprend ses droits aguiche nos imaginaires ! Qui ne s’est jamais rêvé en hardi-rebelle-maître d’un labyrinthesque décor de ce type ? Quel âme d’enfant ne s’est pas rêvé différent, incarnant les espérances d’une société fictive par ses aptitudes extraordinaires, attendant le cœur qui bat la chamade sa lettre pour Poudlard, le challenge qui le traduira en jeune prodige ou bien cette épreuve qui révèlera aux yeux de tous et surtout aux siens à quel point il est… divergent ? Efficace qu’on vous dit !

Les scènes d’actions musclés sont un peu surfaites mais donne à ce film d’anticipation pour jeune adulte son tonus. Peut-être aurait-il fallut lésées un peu de ce côté-là pour s’attarder davantage sur les tourments de Tris, entrainée par un destin qui lui laisse peu de répit. La bande son joue son rôle, avec Imagine Dragons qui rythme l’action et sert agréablement les péripéties et rebondissements. Quant aux révélations, elles ravivent l’intrigue et nous donnent rendez-vous pour Allegiant, 3ème opus attendu pour 2016 qui sera, comme Harry Potter et Hunger Games, divisé en deux films distincts. Faut-il s’en réjouir ?

Ma note personnelle : 6,5/10

La bande-annonce du film

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