Au Bout Des Labels – The War On Drugs

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Beaucoup d’albums d’Indie Rock sortent en ce moment. Tous tentent de mélanger des styles comme l’Americana, le Shoegaze, ou encore la Pop dans un album. Et beaucoup arrivent à sortir un ensemble cohérent. Ce n’est pas pour déplaire. Mais dans cette uniformisation de l’Indie Rock, comment un groupe pourrait-il se démarquer des autres ? Devrait-il faire quelque chose de totalement différent, quitte à casser les codes établis ? Et bien non, pas nécessairement. Le dernier et troisième album studio de The War On Drugs en apporte la preuve.

Après deux albums et quatre ans d’existence avec Kurt Vile et Adam Granduciel aux commandes, Granduciel se retrouve seul à la tête de The War On Drugs lorsque Vile décide de prendre la tangente et de se lancer dans une carrière solo. Alors que Vile connait un certain succès, le groupe de Granduciel a du mal à se relancer. Durant plus d’un an, les Philadelphiens de The War On Drugs enchaînent les concerts sans arriver à se démarquer. Une dépression commence. C’est alors qu’ils débutent la composition de leur troisième album, Lost In The Dream.

Deux années et près de six studios ont été nécessaire à l’élaboration de Lost In The Dream sorti sur l’excellent label indépendant Secretly Canadian. Et ça paie. Le résultat est tout simplement bluffant. Chacun des dix morceaux nous font découvrir une nouvelle facette du groupe. Chaque instrument y trouve parfaitement sa place. Rien n’est à jeter, et ça, c’est plutôt rare. Lorsqu’on compare cet album aux deux précédents, c’est le jour et la nuit. Alors que sur ces deux derniers, on a parfois l’impression que les instruments se marchent dessus, ici on ressent un équilibre parfait. Vile n’a qu’à bien se tenir.

L’album commence par un grandiose hymne à la Pop de près de neuf minutes, « Under The Pressure », qui annonce la couleur. Fini les morceaux hésitants. Ici, on entre dans la cour des grands. Tout de suite après, comme pour prouver nos dires, The War On Drugs nous enchante d’un morceau au refrain ravageur, « Red Eyes ». Puis, très vite, « An Ocean In Between The Wave » avec un son très Dire Strait où les potards des guitares augmentent intelligemment au fur et à mesure que la chanson évolue. Là, alors qu’on est déjà conquis, Granduciel nous surprend par un « Eyes To The Wind » très dylanien où les slide guitars s’entremêlent aux guitares folks et à un filet d’harmonica. Que demander de plus ? Plus de guitares ? « Burning ». Plus de douceur ? « Lost In The Dream ». Un final éclectique qui donne envie de re-retourner le disque sur sa face A pour le ré-écouter ? « In Reverse ». Ne cherchez pas, Granduciel a réponse à tout.

Voilà, la preuve est là. Pour se démarquer des autres, il suffit de reprendre les standards du genre et de les perfectionner, puis de placer un peu partout sa touche personnelle. Là, on obtient un des meilleurs albums de 2014, si ce n’est le meilleur. Chaque écoute nous fait découvrir une autre facette du disque. Mais, à chaque fois, inévitablement on se retrouve perdu loin dans le rêve de The War On Drugs rempli de Rock musique à la sauce Shoegaze. Fermez les yeux et écoutez.