Au Bout Des Labels – Kacem Wapalek

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“Amis du verbe, bonsoir et bienvenue à bord du premier album de Kacem Wapalek.” Ainsi commence le premier album tant attendu de Kacem. Annoncé à la base pour 2012 dans une vidéo freestyle pour les Inrocks, cet album a pris un peu de retard à cause de problèmes contractuels. Mais pendant ces trois années, Kacem ne s’est pas tourné les pouces. Il a oscillé entre mini-tournées, production d’instrus pour les potes comme Demi-Portion ou pour sa chaine Youtube, etc. Il sort même une chanson “K par K” en session studio sur Youtube l’année dernière, en 2014. Mais l’attente est désormais fini, Je Vous Salis Ma Rue est sorti.

Avant de se lancer dans l’écoute, prenons le temps de la réflexion sur le titre de l’album; Je Vous Salis Ma Rue. Au premier abord, on pense à la contrepèterie du religieux “Je Vous Salut Marie”, à l’instar du poème du même nom de Jacques Prevert. Mais après la première écoute, on se rend compte que la religion n’est pas du tout le fil rouge. Le thème le plus récurent, c’est la Marie Jeanne. Kacem lui a même dédié une chanson complète. Ce serait donc la Marie Jeanne qui salit la rue.

L’introduction, style présentation radio de Jazz grâce à la voix suave de Flora Thomas, se termine sur une question : le parcours de Kacem. Il nous faudra donc écouter le reste de l’album pour la réponse. Après une réflexion sur le temps qui passe, il taille avec sa plume habile ceux qui font du rap juste pour se faire connaitre et être numéro un. “Le premier sur le Rap ne passe que les derniers de la classe.” (Pas facile). Sur “Vingt sur vingt” il se place en tant que premier de la classe qui montre l’exemple avec un texte rempli d’allitération, de rimes riches et de jeux de mots. Un peu plus tard, le morceau “Marie Jeanne”. Là, je vais laisser le maître nous le présenter lui-même :

“C’morceau est une personnification.

C’est une petite Brassensserie Wapalekienne, une Wapalekerie Bassenssienne…

Ça raconte une histoire d’amour qui finit mal…

Ça finit toujours mal, sinon ça n’finirait pas…

En gros, c’est l’histoire d’amour d’un zonard et d’une princesse nommée Marie-Jeanne…

Marie-Jeanne… Salope”

Sur ce morceau encore, Kacem nous montre son habilité a jouer avec les mots avec une rare aisance.

Ainsi s’enchaînent des titres aussi bien engagé comme “Politique”, légers comme “Photographe”, etc. On retrouvera même le texte du Freestyle des Inrocks dans “Gosse beau”. Il y en a pour tous les goûts, mais le tout reste cohérent.

“Et si ma parole est d’argent, je veux des disques d’or” disait-il sur “Vingt sur vingt”. Et bien avec un disque comportant autant de paroles d’argent, c’est tout ce qu’on lui souhaite. Bravo et bonne chance monsieur Wapalek.