Analyse True Detective Saison 2 Episode 2 : Un épais brouillard de guerre

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On a envie de souffler généralement après ce genre de moments que peut vous offrir une série télévisée. Enfin, la saison 2 de True Detective semble prendre le tournant que l’on veut lui voir prendre, entre histoires personnelles et tentatives d’avancées pour cette enquête. Dans cet épisode 4, nommé Down Will Come, c’est un peu toute la sensation que la situation est sur le point de dégénérer qui se concrétise. Retour sur un épisode pas exempt des défauts de ses prédécesseurs, mais définitivement sur une meilleure voie.

Des problèmes personnels

On revient dans True Detective avec plusieurs problématiques personnelles encore une fois pour nos trois enquêteurs. Paul Woodrugh doit gérer son passé à la guerre, le refoulement de son homosexualité qu’il compense en cherchant désespérément à rester avec sa petite amie qui est enceinte. Ani Bezzerides doit gérer elle une relation avec un subordonné qu’elle a largué assez lourdement et qui aujourd’hui porte plainte. Quant à Velcoro, il lâche du terrain et décide de laisser tranquille la mère et le beau-père de son fils.

Des intrigues vues et revues

Des intrigues qui, avouons-le, ont un goût assez étrange de réchauffé et la série veut traiter d’un peu tout pour donner de l’épaisseur à des enquêteurs qui sont cassés sentimentalement. On est assez loin de la finesse avec laquelle le passé de Cohle était évoqué par exemple, du fait aussi que les autres personnages sont moins pensifs, un peu plus grande gueule.

On ne peut s’empêcher de se dire que l’expansion du nombre de personnages partait d’une bonne intention, mais elle donne un côté fouillis quand les fans de la première saison avait plutôt préféré l’aspect assez concis et concret de chaque scène. Ici, on aimerait passer plus rapidement à la suite, éviter de se taper les histoires ennuyeuses de Bezzerides et revenir à l’enquête.

Une enque pleine d’action

Une enquête poussive, qui mène après la fin de la piste de la voiture, à continuer de persécuter la famille du maire Chessani, qui semble de plus en plus louche. On ne sait plus si l’on doit chercher le coupable d’une corruption ou d’un meurtre. Chaque indice mène souvent à une voie sans issue, et à un demi-tour jusqu’à ces dix dernières minutes qui ont secouées la série.

Mais il a fallu avant ça avoir 45 minutes ternes, où on s’aperçoit juste que David Morse en une sorte de gourou c’est vraiment cool et qu’apparemment il y a un lien entre le psychiatre de Ben Caspere, Caspere lui-même et le maire, un lien qui est sûrement le réseau de Semyon. Et il sera probablement là, le gros nœud de la série.

Car Semyon, qui essaye de contrôler Velcoro, de récupérer son matelas financier mais qui néglige totalement sa femme, commence à retourner dans des affaires bien sales, avec un petit trafic de drogue des familles. Il veut contrôler tout le monde pour retrouver sa part dans la construction d’autoroutes, sauf qu’il se frotte à un producteur arrogant et apparemment plus intéressé par la femme de Semyon que par son projet.

Tout cela nous mène à Amarilla, un des premiers suspects clairs de l’enquête dont Velcoro a pu tenir quelques infos grâce à Semyon. Sauf que ceux-ci sembler au courant et fin prêt à accueillir l’intervention. On avance de plus en plus et la présence d’un mouchard proche de Semyon semble être de plus en plus certain avec son lieutenant en ligne de mire, lui qui a vu la photo et était missionné de retrouver sa trace.

Tout cela arrange aussi quelque part Semyon, qui voulait évincer des mexicains des affaires qu’il reprend actuellement. Car oui, dans ce final de mi-saison, c’est le bain de sang, un brouillard de guerre non pas factuel mais dans l’organisation de cette intervention. Bezzerides est décidément assez mauvaise sur le terrain quand Woodrugh retrouve ses réflexes de l’armée et que Velcoro arrive à bien suivre le jeune.

Du coup, on sent enfin que la série met les pieds dans le plat et semble prête à s’attaquer un peu plus à ce qui aurait dû être son cœur depuis le début : l’enquête. C’était long, mais ce passage intense risque de laisser des marques sur un trio bien seul après la fin de la fusillade, après la mort de la majorité des autres officiers de l’ordre.

La transformation en zone de guerre de Vinci pendant quelques minutes ne va sûrement pas plaire à Chessani, et on sent que la relation entre Velcoro et Semyon ne pourra plus être aussi cordial. Ce coup-ci, c’est la bonne, on a eu un bon coup de pied dans la fourmilière, il ne reste plus qu’à suivre cet ensemble d’insectes et leur direction pour enfin se diriger vers l’homme à la tête de corbeau, discret cette fois-ci, n’intervenant pas dans l’enquête, ce qui signifie que nos personnages étaient assez loin du compte en suivant Amarilla.

Le moment est venu de tout donner, un petit sprint de quatre épisodes pour ne pas donner à cette saison deux un goût trop amer de semi-loupé. Il serait dommage de sacrifier l’ambiance mise en place sur l’autel de la surenchère, mais on va dire que l’action qui vient de se dérouler a fait un peu de bien, et a au moins donné l’impression que l’on avançait, une première dans cette saison deux, encore assez loin de toutefois de nous donner satisfaction, tant les points d’ombres ne sont pas éclaircis.