All About Albert : Un autre visage

5min
All-About-Albert.jpg

Entre les réalisations d’épisodes de séries TV tel que « Parks and Recreation » ou « Enlightened », Nicole Holofcener s’attaque au long-métrage. Un exercice auquel elle ne s’était pas prêté depuis 2006 avec « Friends With Money », également avec Catherine Keener.

Synopsys

Eva, mère divorcée, masseuse de métier, fait la rencontre d’Albert, un archiviste également divorcé. La fréquence de leurs rendez-vous s’intensifie peu à peu, ils se trouvent des points communs et des différences qui leurs plaisent. Le soir de sa rencontre avec Albert, Eva fit également la connaissance de Marianne une poète sympathique qui devient vite une de ses nouvelles clientes mais aussi une confidente. Marianne ne cesse de dénigrer son ex-mari devant Eva, et celle-ci commence à douter de sa relation avec Albert. En cause ? Une étrange similitude entre l’ancien compagnon de Marianne et son nouveau boyfriend. Serait-ce la même personne ? Non…

Analyse

Si la trame du film peut paraître assez conventionnelle ou tomber dans certaines facilités scénaristiques, c’est surtout sa rencontre entre deux très grands talents qui prévaut sur le reste. Julia Louis-Dreyfus, héroïne de l’excellente satire politique « Veep », et le défunt James Gandolfini, star des Soprano, qui nous quitta prématurément juste après le tournage du film, forment un jeune couple tout à fait charmant et d’un naturel confondant.

En nous servant un travail propre mais peu inspiré, la réalisatrice ne représente malheureusement pas l’atout majeur du film . C’est dans son jolie casting, complété par de très bons seconds rôles comme Toni Colette (« Little Miss Sunshine », « United States of Tara ») et Catherine Keener (« 40 ans toujours puceau », « Le Quatuor »), que le film trouve sa force. Très à l’aise dans leur rôles, chaque interprète porte le texte finement ciselé de Nicole Holofcener qui, à défaut d’être à l’aise dans la mise en scène, s’avère une excellente scénariste.

La réalisatrice/ scénariste nous dresse donc un portrait doux-amer de ces quinqua désabusés. Tout deux divorcés, nos héros ont un peu perdu foi en l’amour mais espèrent au fond d’eux le retrouver. Mais à leurs âges, que leurs restent-ils pour séduire ? Veulent-ils vraiment s’investir dans une nouvelle relation qui pourrait-elle aussi s’avérer décevante ? Ont-ils encore le temps et la force pour ça ? En apprenant un peu plus des défauts d’Albert « grâce » à Marianne, Eva espère devancer les problèmes qui pourraient arriver mais oublie dans un même temps que l’amour est fait de changements et de compromis. Elle apprécie réellement Albert mais veut aussi éviter certains désagréments qui pourtant sont inévitables dans la vie de couple.

Eva veut des garanties. Mais en amour il n’y a aucune garantie, ni de service après vente. Une relation réside dans le partage, l’abandon à l’autre, l’espoir, mais surtout la confiance qu’Eva n’a pas, faute aux paroles de Marianne qui viennent empoisonnées sa relation avec Albert.

« All About Albert », bien qu’anecdotique dans le paysage cinématographique, s’avère une jolie surprise dans le genre. Plein d’esprit et de spontanéité, le film de Holofcener nous montre combien les sentiments peuvent être fragiles. Son film reste assez intimiste pour ne pas s’assimiler aux autres comédies romantiques qui nous submergent chaque année et sait nous rappeler qu’être sexy n’est pas une question d’âge, ni de physique. On retiendra bien évidemment la dernière apparition de James Gandolfini dont la présence rassurante et la timidité émouvante nous laissera le souvenir d’un acteur, mais aussi d’un homme, sensible et attachant.

Ma Note : 7/10

Lire aussi:

  • Trois souvenirs de ma jeunesse. Analyse
  • L’analyse rétro: Bonnie and Clyde